Dans cette Russie, devenue la Grande Corée du Nord-Ouest, l’absurde repousse toutes les limites connues. Le calendrier électoral est préservé. Il atteste, aux yeux de tous les cyniques, de la bonne santé démocratique du pays!
Des élections législatives ont été organisées dans tous les territoires occupés en Ukraine, et dans toute la Russie. En 2014 dèjà, les élections consacraient la Crimée comme un territoire Russe. La machine du pouvoir Russe est implacable.
J’imagine (à peine) les consignes: « votez pour la paix de Vladimir, ou votez pour celle de Poutine… mais ne restez pas chez vous, ou vous le regretterez! »… Et d’ailleurs, tous les candidats contre la guerre ont été interdits. Leur vocabulaire les dénonçaient comme des « agents de l’étranger ». Inutile de faire perdre au Tsar, un temps précieux. Son « opération spéciale » pour la grande Russie, n’est toujours pas terminée.
Donald Trump lui-même prend leçon, il a fait interdire les journalistes trop critiques, à la Maison Blanche. Désespéré et frustré de ne pouvoir, comme Poutine, faire interdire tous les candidats démocrates… Il ne lui reste plus que six semaines pour le faire… Je m’égare…
Le parti de Poutine a donc remporté les élections parlementaires, avec près de 50% des votes pour ses candidats, et tout le reste pour des candidats amis, soutenant l’invasion de l’Ukraine. On y trouve encore des nationalistes, et les nostalgiques du parti communiste Soviétique, reconvertis au narratif de la nouvelle Orthodoxie au pouvoir.
La Douma (parlement Russe) va pouvoir intensifier sa lutte absurde, contre tous les « agents de l’étranger ». il ne reste plus d’opposition, depuis longtemps dans le pays… Elle peut compter maintenant sur de nouveaux élus, de régions d’Ukraine redevenues Russes (selon Poutine).
Le score électoral est stable, comparé à 2021. Le pouvoir entend ainsi démontrer à son peuple, que sa popularité est aussi grande qu’avant la guerre. En soi, c’était l’objectif principal de ce simulacre électoral. Poutine lui-même n’a pas daigné se déplacer, il a fait parvenir une photo prise depuis son bureau, d’ou il est supposé avoir voté en ligne. On ne voit que l’arrière de son écran.
La principale contrariété est venu du ciel, très difficile a dissimuler. Le weekend d’élection fut salué par les Ukrainiens, d’une attaque intense de drônes sur Moscou et ses environs. Ici de vastes dépôts anéantis, là une raffinerie en feu… et aussi des victimes innocentes, comme toujours. Comme pour les cérémonies du 9 Mai, le Kremlin a subi les menaces directes de l’Ukraine sur Moscou. Nul doute que Kiev en paiera le prix très fort, dès demain. Lire l’article du MoscowTimes, lien en bas de page.
Depuis son accession au pouvoir, en 1999, Poutine a toujours convoqué des guerres pour assoir sa popularité. Cette fois, « l’opération spéciale » en Ukraine s’éternise. et rien n’en démontre une issue proche. Le nombre des victimes est considérable. On parle de plus de deux millions au total, de toute nationalités (militaires et civiles).
Nous sommes surpris de voir l’économie Russe toujours à flots, malgré les sanctions infligées contre elle depuis 4 ans. Elle s’est redéployée vers l’Asie, les ressources de pétrole et de gaz ont fait le reste…. Pour combien de temps?
L’autre grande force de la Russie, du moins en apparence, est un système politique verrouillé par le FSB (services de sécurité). C’est un instrument puissant, bien ancré partout dans le pays, depuis très longtemps. Poutine en fut le chef. Le FSB protège le pouvoir. Il est le pouvoir. La puissance en Russie est paranoïaque, elle s’accompagne aussi d’une forme de fébrilité. Elle sait la violence explosive séculaire de la culture Russe. Comment interpréter sinon, le renforcement de la garde rapprochée de Poutine à 800 personnes?
Cette élection nationale, menée à son terme, nous montre que le Kremlin est encore maître de son destin. Les messages envoyés sont plus importants que les faits qui les questionnent, de pure diversion médiatique. Poutine s’est montré à son aise pour relancer la « guerre contre le Japon » (iles Kouriles), il a ordonné la saisie des entreprises non Russes, telles Auchan, Nestlé et Leroy Merlin, entr’autres, un premier pont routier fut inauguré vers la Corée du Nord… du bon pain pour le peuple.
Le « mal » vient toujours de l’étranger, lui veille au bonheur du peuple Russe. Il promet aux mères des tombes fleuries. pour les maris et les fils tombés en Ukraine. Aux Russes, et aux Nord Coréens venus se faire massacrer pour alléger la conscription impopulaire des jeunes Russes.
Peu importe les faits, il ne pense plus qu’à sa survie au pouvoir. A-t’il encore l’espoir de battre le record de longévité, détenu par son mentor (31 ans). Il n’en est plus qu’à trois années…
Il sait qu’il ne pourra plus quitter le Kremlin, autrement que dans la folie ou la mort, comme Staline. Contrairement à Staline, il ne boit pas d’alcool… Sa paranoïa est d’autant plus sourde et froide.
VDS
Article du Moscowtimes le 20 Mars 2026

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