
« Maduro est notre gars. L’Iran est aussi des nôtres. Ce qui se passe est terrible. Mais voici ce qui compte le plus : l’Ukraine doit être la nôtre. Notre impératif est de faire comme Trump. Et faites-le encore mieux que lui. Et plus vite. »
Alexander Dugin est un « philosophe », idéologue et propagandiste influent dans la Russie de Poutine. Il a l’écoute du maître du Kremlin, et des troupes d’extrême droite ralliées sous le sigle Z, les plus fervents soutiens à la « libération de l’Ukraine des forces Nazis », selon leur réthorique.
Le cri du coeur de Dugin résume très bien le chaos créé par Trump, et sa frustration devant une situation en Ukraine qui s’est enlisée. De cette nouvelle crise, la honte de la comparaison. Trump a réussi en quelques heures ce que Poutine n’a pas terminé au bout de quatre années d’une guerre sans nom, lourdement meutrière…
Dugin adresse une injonction au Kremlin, celle de passer à une action plus radicale. Mettre de coté l’affront de la capture de l’allié Maduro, pour ce concentrer sur l’existentiel: l’Ukraine. Prendre exemple sur Trump pour sauver la Russie séculaire. Medvedev, le caniche enragé de Poutine, a déjà proposé de capturer Merz, le chancelier Allemand.
Trump a fait tant de concessions à son ami Poutine. Cette fois, il lui offre une méthode en exemple, brutale, rapide. La leçon est d’autant plus pédagogique qu’elle s’est faite aux dépends d’un allié très proche des Russes. Oubliez l’ONU, la leçon est applicable partout, chacun dans sa région d’influence. Colombie, Cuba, Taiwan, Ukraine, Gaza, Estonie, Pologne… sans oublier, au Nord Est du Canada, le Groenland, toujours convoité pour son trésor de terres rares.
Les pays Scandinaves et Baltes partagent une frontière commune avec la Russie sur plus de 1500 km (Norvège, Finlande, Estonie et Lettonie). Ils alertent et préparent leurs concitoyens comme jamais. Les Danois sont pris dans dans un étau, entre menaces Russes et menaces Trumpiennes pour se saisir du Groenland.
Quels sont les plans de Trump? vaste énigme, le sait il lui-même?… D’abord semer le chaos, puis saisir les opportunités financières qui se créent, au fil de la sidération et des divisions… Dans un premier temps, il se délecte des effets médiatiques, et étale son ego satisfait, face caméra. Mais après la sidération d’un premier chaos, succède le plus souvent un chaos au long cours, plus incontrôlable encore… jusqu’à la dictature.
Le Venezuela nous en révèlera d’avantage dans les prochains jours, et maintenant un rendez-vous de Trump avec le président Colombien, pays voisin. Maduro est en prison à New York, mais son régime est encore en place. L’actuelle vice présidente est adoubée cyniquement, par Trump lui-même. La première opposante Vénézuélienne (prix Nobel de la paix 2025), s’est lancée dans des flatteries obséquieuses. Elle propose à Trump de partager son prix Nobel de la paix. Y sera t’il sensible? son ego hypertrophié, toujours, pour quel résultat?
Ce succès militaire et médiatique est aussi puissant qu’éphémère, Il permet de faire oublier pour un temps, le piteux échec de ses négociations de paix en 24 heures avec Poutine, et les questions, pour le moins embarrassantes, que soulèvent la vie et la mort de Jeffrey Epstein. Désormais, deux amis de Trump, pour la vie…
Et puis, sur la scène de politique intérieure US, les élections de « mid term » de 2026 approchent vite. De fait, le plus grand danger pour Trump. Il peine à convaincre les Américains. Ils l’ont élus pour améliorer leur pouvoir d’achat, leur avait il promis, pas pour des interventions à l’extérieur aussi coûteuses qu’hasardeuses. Il en faisait le reproche aux démocrates gauchistes de « Joe l’endormi ». Son « festival ininterrompu» de vantardises et de mensonges, depuis sa prise de fonction, a semé le trouble jusque dans son propre camp. Il n’est plus certain que les élections de mi-mandat lui soient favorables (lire l’article de CNN en bas de page).
Trump est devenu un autocrate comme les autres. Il le reconnaît implicitement en disant que « sa morale est au dessus du droit international ». Il veut faire le bien et le décide seul. Sans doute a t’il fait sien le concept de « despote éclairé » cher à Voltaire. Mais ce nouveau despote fonce tous feux éteints vers un passé impérialiste et destructeur, pour la planète, et ses habitants. Il est guidé par sa cupidité narcissique. Sa doctrine est simple, la force brute et le profit. Le niveau idéologique d’une télé réalité.
Les « ingénieurs du chaos » (cf. Giuliano Da Empoli) ont conquis l’Amérique, comme ils avaient conquis l’Italie, la Hongrie, puis le Royaume Uni en précipitant le Brexit, en 2016. Pour quel résultats, dix ans plus tard?… Cette fois ci, l’enjeu est mondial. Le droit international est suspendu aux désirs des trois despotes impérialistes, Xi, Poutine et Trump. Aucun d’eux n’est éclairé par la raison. Trump veut capter toute l’attention, a un point tel que seul un psychiatre peut expliquer.
Le site d’information Américain « Politico » vient de révéler que l’administration Américaine avait demandé à la France de décaler de quelques jours les dates du prochain rassemblement des chefs d’états du G7. Il est programmé à Evian Les Bains, sur les rives du Lac Léman. Initialement prévu le 14 Juin, mais c’est aussi le jour du « flag day » Américain, le jour du drapeau créé en 1777…. plus important encore, c’est le jour de l’anniversaire du monarque Trump, il fêtera ses 80 ans qui plus est!…
Premièrement, il veut faire de cette coincidence un jour férié fédéral, en son honneur: Il est le drapeau Américain!… et puis, pour ses 80 ans, il s’est offert un spectacle de combats MMA en cages, organisé aux abords de la Maison Blanche. Le reste du monde devra patienter quelques jours supplémentaires pour accueillir le nouvel octogénaire… Espérons que les organisateurs du G7 aient prévu les assistances psychiatriques requises, pour maîtriser un tel homme drapeau.
Le monde perd pied, submergé par tant d’absurdité. Il nous faut prendre un peu de recul. Les peuples Russes et Chinois sont politiquement apathiques tant ils ont subis des pouvoirs autoritaires depuis si longtemps. La démocratie Américaine vient de subir une année d’agression que personne n’imaginait possible, mais elle n’est pas encore exsangue. Il nous reste l’espoir que les Américains se saisissent des contre pouvoirs, et des élections de 2026 pour calmer les accès de folie de leur nouveau monarque. Ils sont aujourd’hui les seuls à pouvoir modifier rapidement la trajectoire funeste qu’il impose au monde.
VDS

https://edition.cnn.com/2026/01/06/politics/trump-western-hemisphere-americans-polling?cid=ios_app
Article de CNN politics, le 6 Janvier 2026
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