« La plus grande menace posée par le coronavirus n’est peut-être pas sa virulence, mais plutôt la façon dont il érode lentement ce que signifie être humain. »
Extrait d’un article du New York Times (NYT), le 28 Aout 2020. (Traduit de l’Anglais)
A la lecture de cet article du NYT, j’avais eu le pressentiment que le journaliste avait vu juste. Son article décrivait alors des scènes inimaginables de fosses communes creusées à la hâte pour faire face à l’afflux d’un grand nombre de victimes de la pandémie, à New York.
Cinq ans après, l’OMS a conclu que la pandémie avait sévi sur toute la planète, elle a provoqué la mort de 7 millions de personnes, au minimum, entre la fin de 2019 et Aout 2023.
On sait maintenant que le nombre des victimes du Covid a dépassé un million aux États Unis seulement (1,127 million), C’est le pays qui fut le plus durement touché, suivi par le Brésil (700000), l’Inde (530000), et la Russie (399000). Les statistiques venant de Chine ne sont pas transparentes, seule la province de Hong Kong a rapporté un nombre important de victimes (12000), on ne saura sans doute jamais combien de Chinois ont péri de la maladie.
De cette période tragique, personne n’est ressorti indemne. Ni les individus et leurs modes de vie, ni les économies de leurs pays, ni leurs systêmes politiques. Partout les démocraties, déjà en crise, ont connu de fortes turbulences. Repli sur soi, intolérance, violence, nationalisme, autoritarisme réactionnaire et guerres ont réssucité d’un passé que l’on croyait éteint.
Poutine, en Russie, a fini par sombrer dans une paranoïa aiguë, une distanciation aux autres mise en scène jusqu’à l’absurde. La Russie a agressé l’Ukraine violemment, dans une guerre très meurtrière, qui n’en finit pas.
Aux États Unis, Trump, était déjà président lors de l’irruption de la pandémie. Il était un adepte des traitements alternatifs comme l’hydroxychloroquine, et de toutes les « conspirations » sur le « virus Chinois ». La fin de son mandat fut « gâchée » par le drame de la pandémie. Il a perdu de justesse l’élection de Novembre 2020. Il n’en a jamais accepté le résultat, a tenté un coup d’état par un assaut du Capitole en Janvier 2021. Sa soif de vengeance, contre Biden, et contre la Chine, nourrit ses décisions brutales aujourd’hui. La Chine est toujours dans sa ligne de mire. Il se rapproche de son ami Poutine, qui l’a aidé lors de sa première élection en 2016.
En Chine, le pouvoir autoritaire s’est renforcé encore, il menace maintenant d’envahir Taiwan, observant avec intérêt les développements en Ukraine. Au Moyen Orient, c’est le Hamas et l’Iran qui ont précipité Israel dans un nouveau cycle de violences et de vengeances alimenté par la haine de l’autre, portée par les extrèmistes des deux camps.
La pandémie Covid est presque oubliée, seuls ceux frappés par des effets à long terme du virus, continuent d’en souffrir silencieusement.
Nous pensions naïvement qu’une fois la pandémie vaincue, la vie allait reprendre comme précédemment. Nous découvrons aujourd’hui, qu’au delà des individus, c’est collectivement que nous souffrons des effets les plus délétères du virus. La société toute entière semble frappée de « Covid longue ». Sa capacité à l’humanisme s’est déjà largement érodée. La quête de vérité et de justice est contrariée par une vague de mensonges et de conflits d’intérêts qui déferlent.
Les discours radicaux, de tous bords, font l’audience sur les réseaux sociaux. Ils impactent le résultat des élections, les unes après les autres. La Covid a fait, en quelque sorte, l’effet d’un châtiment suprême. Les vieux leaders impérialistes en ont saisi l’opportunité, ils invitent leur peuple à un retour aux valeurs religieuses traditionnelles pour espérer retrouver le bonheur perdu. C’était tellement mieux avant, selon eux… ils promettent le retour de la grandeur passée, fût elle fantasmée et au seul bénéfice de leur clique. La loi du plus fort serait la seule qui vaille.
Dans ce contexte tout est devenu radical et simple. Ce qui s’oppose au discours du leader doit être combattu, comme on combat un virus, en l’éradiquant. Les réactionnaires et les révolutionnaires s’opposent dans leurs idées, ils s’unissent dans leurs méthodes brutales de conquête du pouvoir. Le dialogue est remplacé par l’invective et la calomnie, le débat par l’arrogance ou le combat. La science, le changement climatique, l’inclusion sont contestés, conspués. On pensait cet obscurantisme le seul fait du Kremlin, voilà que Washington lui emboîte le pas, d’autres en Europe sont tentés. C’est la démocratie elle même qui est menacée.
Cette effervescence chaotique, nous impose la lucidité et la patience pour ne pas risquer de tomber dans un suivisme béat, ou bien de sombrer dans la dépression. Les nouveaux maîtres du chaos s’ennivrent de leurs propres mensonges. La réalité est plus patiente et ne tardera pas à se révéler. Leur donnera t’elle raison en tout? Le doute est permis.
Dans un premier temps, tous les milliardaires ayant prêté une allégeance au nouveau royaume de Trump, en sont de leur poche, à très grands frais!… Le premier d’entre-eux, roi des voitures électriques impliqué au ministère de l’efficacité gouvernementale, a suscité une telle vague de haine que les actionnaires de sa marque évoquent son éviction, ou vendent leurs actions. Le monde des affaires n’a pas d’états d’âmes.
Un autre virus, la grippe aviaire, sévit actuellement aux Etats-Unis. Le prix des œufs s’est envolé, et maintenant une pénurie de viande de volaille est annoncée. Importer sera beaucoup plus cher avec les nouveaux « tariffs » imposés par Trump. Dans le même temps, l’administration fédérale en charge des pandémies animales vient d’être limogée du ministère de l’agriculture, par économie budgétaire. Si elle servait à quelque chose devrait devenir évident assez vite!
La paix en Ukraine, un temps annoncée en 24 heures, prend son temps. Elle n’arrivera sans doute pas en 100 jours non plus. Le « roi du deal » n’est tout simplement pas maitre des horloges. Dans cette affaire, c’est le Russe qui impose son rythme, et ses manipulations. Le reste n’est que le tintamarre médiatique d’un bateleur de télé réalité.
L’humanisme requiert de l’empathie et une vision à long terme, une conception de l’intérêt général et de la justice. Les leaders actuels des grands pays en sont dénués. Il sont déjà trop âgés pour espérer atteindre la sagesse. Leur rêve de restauration d’Empire en atteste.
Il nous reste l’espoir que la réalité révèle la vacuité de leurs plans sous une lumière crue, et nous réveille enfin de cette longue torpeur post Covid.
VDS

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