Depuis quelques jours, Moscou est relié à Pyongyang par une liaison aérienne commerciale régulière. Les premiers passagers Russes y ont été accueilli avec des fleurs. Une belle ironie de l’histoire, quand on se rappelle de la brève histoire d’amour entre Kim et Trump, lors de son premier mandat. Et une constante, l’autocratie héréditaire de Kim est renforcée par les promoteurs de chaos, quels qu’ils soient.
Il y a 25 ans, la Russie était promise à la démocratie et une économie libérale florissante. Les classes moyennes Russes se sont développées comme jamais précédemment. Le pouvoir en place a pu faire valoir ces résultats pour détourner la démocratie à ses fins, sournoisement. La lutte contre la corruption des mafias qui sévissaient alors, s’est transformée en une « nationalisation mafieuse », pour qu’une seule, celle du pouvoir, capte les richesses du pays.
Politiquement, les guerres et les assassinats ont interrompu et inversé les progrès vers un état de droit, la liberté de la presse. Dès 2003 et 2004, avec la deuxième guerre en Tchétchénie, et la tentative d’empoisonnement du futur président Ukrainien. Viendront ensuite la Géorgie, la Syrie, la Crimée et l’Ukraine toute entière. L’étau s’est resserré irrémédiablement sur toutes les formes d’oppositions, les unes après les autres. La liste des victimes de crimes politiques est très longue.
Avec Poutine, la Russie a donc renoué avec son histoire tragique. Les idéologies politiques ont encore cédées à la crainte inspirée par les criminels mafieux. Dans ces conditions, les Russes n’ont que trois options, soutenir le pouvoir, se soumettre à l’arbitraire sans rien laisser paraître, ou s’exiler sans prévenir. Beaucoup sont déjà partis.
On sait maintenant que Poutine n’était pas communiste au sens idéologique, c’était un apôtre dévoué de Staline le criminel, de ses méthodes autoritaires. Son seul horizon est son passé paranoïaque d’espion, peu importe l’idéologie communiste ou son contraire, l’orthodoxe. Il est en train de rétrécir la grande Russie, au long cours de sa propre agonie. Quelle tristesse.
Les nouvelles de Russie en témoignent, l’état Russe est de plus en plus paranoïaque et schizophrène.
En Octobre dernier, le parlement votait une loi pour juger le délit de « Russophobia » (voir article en bas de page). Cette fois, c’est la simple consultation d’informations « malveillantes » qui est ajoutée à la longue liste des délits antipatriotiques. Qui consultera un site internet « inapproprié », y compris à l’aide d’un VPN, risquera alors une peine de prison. Par exemple, une page mise en ligne par les anciens amis de Navalny, ou plus largement tout ce qui n’a pas reçu l’approbation du pouvoir. L’état ne s’attaque plus seulement aux opinions exprimées, il tente d’en assécher les sources d’informations potentiellement dissidentes, « russophobes ».
Le réseau de téléphonie mobile a connu des interruptions importantes depuis les derniers mois. Il est question d’y interdire la messagerie WhatsApp. Le modèle est connu, il suffit d’observer la Chine. Internet y est observé et filtré par le pouvoir depuis longtemps.
La démographie est une autre source d’inquiétude obsessionnelle, pour le pouvoir Russe. A juste titre. La Russie a déjà perdu plus de trois millions d’habitants depuis 2020, plus de cinq millions depuis 1990.
La solution la plus simple serait d’arrêter la guerre. Mais non, des propagandes font campagne pour que les femmes enceintes, dont les maris sont sur le front, ne se fassent pas avorter. Le slogan au nom du bébé à naître est immonde: « je ne connaîtrais pas mon père, ce héros… » (lire l’article du MoscowTimes en bas de page). Plus cyniquement encore, chacune des morts de soldats Nord-Coréens, permet d’éviter celle d’un soldat Russe venu des provinces lointaines de Moscou. Gagner l’Ukraine est aussi un enjeu démographique, des centaines d’enfants ont été déportés dès le début de l’agression. Pure folie.
La guerre en Ukraine devait être le temps d’un éclair, elle semble maintenant interminable, voir épidémique. Les gesticulations du vantard Yankee n’y ont rien changé, sinon de remettre en selle le chef mafieux du Kremlin, qui temporise et menace par l’intermédiaire de ses cerbères post Staliniens.
De ce théâtre absurde, personne ne sait dire quelle sera l’issue, ni combien de belles âmes auront péri par la folie de ces prédateurs.
En attendant, mon ami Russe ne répond plus à mes messages. Craint il même d’en recevoir un autre de ma part? J’ai donc décidé de ne plus lui en envoyer…
VDS

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