La paix en Ukraine, promise en 24 heures, vient de rendre grâce, 10 mois plus tard. Le nouveau roi de l’immobilier du monde a jeté l’éponge, vexé.
En plein « shutdown » administratif, il préfère se consacrer à la construction de sa salle de bal fastueuse, une nouvelle « galerie des glaces », dorée comme il en raffole. En catimini, il a fait détruire des bâtiments historiques art deco de la Maison Blanche. Sans valeur artistique, selon lui et son reflet dans le miroir. Il avait promis qu’il ne le ferait pas. « Une simple extension d’une aile existante », disait il. Cette aile n’existe plus, et les équipes de la commission artistique de la Maison Blanche ont été limogées.
Un arc de triomphe sera construit à Washington dans la foulée. Le style sera inspiré d’une esthétique Romaine, Napoléonienne et Soviétique Stalinienne. Pour quel triomphe?… à la gloire MAGA de l’assaut du Capitole le 6 Janvier 2021, peut-être?… C’est le seul qui me vienne à l’esprit.
Que les contribuables américains se rassurent, ils n’auront pas à verser un seul centime. Tout est financé par des « indulgences » collectées auprès de riches donateurs. Une cohorte de courtisans qui espèrent que l’ascenseur ne leur soit pas renvoyé vide, ou pire, rempli de « tariffs ». Rien n’est moins sur.
Au Kremlin, le fourbe aura manipulé le nouveau roi Américain le plus longtemps possible. Sa stratégie était simple, gagner du temps en le flattant. Il a offert de larges sourires et des poignées de main sur tapis rouge. Il a proposé de construire un tunnel pour relier la Russie à l’Alaska. Rien de tel que de laisser miroiter des projets de construction « formidables » pour hypnotiser le vieux magnat de l’ immobilier Yankee.
Poutine veut le dialogue et la paix lui aussi. Pour autant, il y a toujours des détails, des conditions qui tardent à être réunies, qui demandent encore beaucoup de travail en « profondeur ». Immuable diplomatie « Lavrovienne » qui aligne une multitude de mots pour dire rien. J’allais écrire « Pavlovienne », tant elle est prévisible.
Il vient d’annoncer la réussite des tests d’un nouveau missile nucléaire, plus invincible et terrifiant que le précédent, qui l’était déjà. La menace est à peine voilée, il rejoue cyniquement la partition de la crise de 1963 à Cuba. Le monde n’avait jamais été aussi près d’un conflit nucléaire planétaire.
Toute les ressources de l’économie et des finances Russes sont désormais accaparées par le budget militaire. Elles n’y suffisent plus. Perdre la face n’est pas une option en Russie, mais ça va coûter très cher aux citoyens Russes. Ils commencent à en ressentir les effets de plus en plus durement. Des pénuries et l’inflation, maintenant augmentée de trois points de TVA.
10 mois se sont écoulés, sans jamais discerner le moindre espoir d’un cessez-le-feu. Des bombardements, chaque jour, et toujours plus de morts.
Les demandes de Zelenski sont inacceptables pour la Russie, celles du roi US, pourtant beaucoup plus favorables, ne le sont pas d’avantage. Le fourbe du Kremlin se dit maintenant favorable à un dialogue constructif. Doit on comprendre que le tapis rouge en Alaska ne l’était pas?
Le choix du lieu du dernier rendez vous manqué, Budapest, était d’un cynisme de pure provocation. C’est dans cette ville que furent signés les trois mémorandums de 1994, entre la Russie d’une part, et d’autre part, L’Ukraine, le Kazakhstan et la Biélorussie. Les Etats Unis et le Royaume Uni y ont joint leur signature.
La Russie, alors gouvernée par Boris Eltsine, s’engageait à accorder des garanties d’intégrité territoriale et de sécurité, aux trois anciennes Républiques Socialistes Soviétiques. En échange, ces trois nations ratifiaient le traité de non-prolifération des armes nucléaires. Elles ont démantelé la totalité de leur armement nucléaire. En 2009, Etats Unis et Russie (avec Poutine aux commandes, cette fois), confirmaient la validité des mémorandums.
En 2004, un candidat à l’élection présidentielle Ukrainienne était empoisonné. En 2014, la Russie annexait la Crimée. En 2022, Poutine lança son opération spéciale contre un régime « Nazi », sur Kiev et toute l’Ukraine.
Cette chronologie succinte est éloquente. Bien sûr, le Russe peut prétexter que l’Otan s’est rapproché au delà de ce qui était convenu. Cet alibi ne tient pas pour justifier, l’annexion de territoires, ni les nombreux crimes de guerre Russes. Dans une mauvaise foi criminelle, il a dénoncé sa propre signature. Qui peut encore accorder confiance à ce fourbe psychopathe?
Ce serviteur zélé de l’espionnage Soviétique (KGB), devenu maitre de la sécurité intérieure Russe (FSB), a traversé deux évènements insoutenables à ses yeux. Il les a subi comme de profondes humiliations personnelles, perdant la face à deux reprises. D’abord la chute du mur de Berlin et de la République Démocratique Allemande (RDA) ou il servait encore, en Novembre 1989. Ensuite, pire encore, la dislocation de l’URSS, en 1991. Il a haï Michael Gorbachev, au point de se justifier par un agenda « trop chargé », pour ne pas se rendre à ses funérailles… à deux pas du Kremlin.
Tout ce qui a suivi la fin de l’URSS a nourri un désir de vengeance inavoué, inébranlable. Le « fourbe du Kremlin » a usé patiemment de toute sa science de la sournoiserie, la manipulation, et la propagande. Il a éliminé d’abord ceux qu’il jugeait complice de l’effondrement de l’URSS. Ses rivaux politiques ont, eux aussi, rapidement subi la foudre. Plus rien ni personne ne devait entraver sa mission de restaurer l’Empire Russe. Il se voit en successeur d’Yvan Le Terrible, Pierre Le Grand, Catherine de Russie, et de Joseph Staline. Il n’en est qu’un dangereux ersatz.
Dès sa prise de pouvoir en 1999, il a humilié publiquement Boris Eltsine, son prédécesseur, qu’il avait servi. Boris Berezovsky l’avait introduit au Kremlin. Il a du s’exiler sans délais, pour échapper aux persécutions, ou pire encore. Berezovsky mourra au Royaume Uni, des années plus tard, d’un « suicide » très suspect, comme seule la Russie nous en raconte. Tout démontre chez Poutine, une constance machiavélique patiente et une ténacité féroce. Il est au pouvoir depuis 1999, et ne le quittera qu’à sa mort. C’est le seul scénario crédible aujourd’hui.
Il faut tout le narcissisme du roi Trump, ce Louis 14,5 dans son « palais des glaces », pour imaginer que le fourbe du Kremlin concède quoique ce soit à l’Ukraine. La violation des Mémorandums de Budapest et les menaces nucléaires ne laissent aucun espoir. Cet homme est intoxiqué par d’anciennes humiliations. Qui, en Russie, aura le courage de l’arrêter?
Ces deux là replongent le monde dans une régression mortifère. Entre re-développement des énergies fossiles et ré-armement nucléaire, ils font bien plus que leur âge. Leurs esprits se sont noyés dans les illusions perdues des années 1960, la croissance illimitée et la dissuasion nucléaire de la guerre froide.
VDS

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