Législatives | Une quête absolue de majorité, quoi qu’il en coûte

Malgré le calendrier très resserré de la campagne électorale pour les législatives, plus de 4000 candidats sont en lice, pour une assemblée de 577 députés. Soit en moyenne, près de 7 par circonscription, et dans l’une d’elles, 19 candidats! Aux élections législatives précédentes, il y avait plus de 6000 candidats, soit plus de 10 par circonscription en moyenne. Quel paradoxe pour un système majoritaire à deux tours, ou seul le premier du scrutin obtient le graal.

Imaginons un scénario extrême. Les lois mathématiques sont telles que si chacun des 577 candidats du Rassemblement National obtenait une courte majorité au second tour, même relative (dans le cas de triangulaires), il n’y aurait QUE des députés RN à l’assemblée nationale, 100%. Les français qui auraient voté pour d’autres ne seraient pas représentés au parlement, rien, zéro, nada… fussent ils majoritaires en nombre de voix cumulées dans le pays. C’est la réalité du système électoral majoritaire à deux tours. Heureusement, c’est statistiquement peu probable.

Ce qui c’est souvent vérifié, c’est qu’un un parti politique qui atteint 33% de votes favorables au premier tour, peut espérer une majorité absolue au parlement à l’issue du second, et gouverner seul. Le systême électoral offre une prime conséquente au vainqueur, une grande stabilité politique pour gouverner, avec le “monarque” président élu, lui aussi par un scrutin majoritaire à deux tours.

Lorsque que la majorité devient relative au parlement, et qu’un troisième bloc gagne en puissance, tout se trouble. Cela suppose des négociations et des accords, texte de loi, après texte de loi. Sinon, obstruction partisane systématique et ingouvernabilité l’emportent. Les jeux du cirque politicien reprennent leur cours, décrets, article 49,3 (sans vote), suivis de votes de défiance au gouvernement… jusqu’à obtenir une prochaine majorité absolue.

Aujourd’hui 3 blocs se sont constitués, avec chacun l’espoir de faire élire 289 députés à leurs couleurs (majorité absolue), du moins dans le discours. Dans le réel, 2 des blocs veulent surtout empêcher que la majorité absolue ne soit dévolue au troisième, à la condition d’être devant l’autre.

“Tous contre Macron” est maintenant largement décliné, jusque dans son propre camp. Ce qui est en jeu, c’est la décapitation du roi, notre fantasme préféré. Il l’aura bien cherché, cet arrogant. Même l’ancien roi éconduit Hollande, a rejoint le cortège, sous la bannière de l’autocrate Mélenchon qui le traita jadis de “capitaine de pédalo”. D’une arrogance tragicomique.

Mélenchon et LFI sont à la tête d’un “Nouveau Front Populaire” formé à l’arrache comme un “narratif marketing”. Le pouvoir de nuisance de Mélenchon reste intact, malgré son refus de condamner les crimes du Hamas, malgré son plus faible score aux Européennes, malgré les contestations internes. Il aura fait obstruer le champ démocratique à l’assemblée par des milliers d’amendements, insulté ses soutiens, contribué à raviver le communautarisme, l’antisémitisme. Il ne combat pas le Rassemblement National, il rivalise d’inhumanité et lui sert de promontoire. “La retraite à 60 ans” et “faire payer les riches” auront suffi à remiser l’immoralité des crimes contre l’humain à plus tard. Ou vont les sociaux démocrates, en se déshonorant pour quelques strapontins?…

Le troisième bloc, indéniablement le favori à ce jour, n’a jamais été éprouvé. Il s’offre donc un opportunisme en téflon, tout glisse. C’est celui de “TikTok Ken Bardella”, promu par le clan familial Le Pen. Ils ont fait preuve de très grande patience et d’habileté. 50 ans après la création du Front National, Ils ont légué le mot “front” à Mélenchon et ses soumis, pour préférer “rassemblement”. Ils ont fait oublier leur ADN: Vichy, Poujade, OAS et Algérie Française, antisémitisme, négationnisme, racisme, financement Russe… Promis juré, dédiabolisé, et prêt à interdire les groupes violents comme le GUD. Comble de leur nouvelle arrogance angélique, ils donnent maintenant des leçons d’antisémitisme à leur meilleur faire valoir, cité plus haut, adoubées par leur nouvelle caution morale, Serge Klarsfeld. C’est dire. Ils viennent d’offrir au vieux Jean Marie Le pen, le scalpe chauve du traitre Ciotti, 22 ans après le coup de semonce du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002 contre Jacques Chirac. Leur soupe est tout aussi populaire que celle du “front”, aussi aux accents Mitterandiens de la retraite à 60 ans. Il m’avait échappé que Marine avait voté Mitterand en 1981. Il me reste à découvrir si je serai demain, autant Français qu’aujourd’hui.

VDS

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