Il y a maintenant un an que Donald Trump a investi la Maison Blanche, devant un parterre de courtisans richissimes, transis d’affection, ou de peur, à grand renfort musical du « YMCA » des Village People.
On pouvait espèrer que ce moment de folie planétaire s’estompe, il n’en est rien. C’est le contraire qui s’est produit. A l’approche des élections de mi mandat, qui pourraient affaiblir l’emprise du président sur le congrès et le sénat Américain, la stratégie du chaos est amplifiée, tous azimuts.
Elle avait permis l’élection de Trump en 2016, et conduit à l’assaut du Capitole de Washington, en Janvier 2021. Ce n’était, ni plus ni moins, qu’une tentative de coup d’état, en invoquant l’argument infondé d’une « élection présidentielle volée par Joe Biden, en Novembre 2020». Ce qu’il répète encore inlassablement en 2026.
Cette fois, il veut anticiper les élections de Novembre. Attiser les haines, provoquer un état civil quasi insurrectionnel, lui permettrait de justifier l’organisation et le dépouillement des votes par les agents fédéraux. C’est contraire aux amendements de la constitution Américaine, qui attribue cette organisation à chacun des états. Le chemin le plus direct pour justifier la répression et la dictature, est de semer le chaos.
Ces derniers jours nous ont offert un spectacle affligeant, qui démontre la capacité du président US à s’abaisser au niveau des pires ordures de la planète, par sa folie narcissique, mais surtout par la stratégie délibérée de tout un groupe, pour assoir leur pouvoir.
Commençons par le pire, le plus symbolique. Le président Trump, communique quotidiennement sur son réseau social privé, « Truth Social ». Le 6 Février, il y a publié une vidéo raciste, inimaginable en 2026: le couple Obama aux visages hilares, surmontants des corps de singes. La vidéo n’a été retirée que douze heures plus tard, sans la moindre excuse. « Une erreur d’un employé, qui ne méríte pas d’indignation exagérée », a t’il fait dire. Les électeurs les plus racistes du pays ont bien reçu le message, sans aucun doute.
Cet ancien animateur de télé réalité sait qu’un scandale en chasse un autre très vite dans les media, et que leur multiplication les relativisent. Alors il les multiplie. Un bruit, même très fort, ne se distingue plus dans la clameur d’une foule qui hurle dans de multiples directions. Ukraine, Nobel, Gaza, Tariffs, I.C.E., Minneapolis, Maduro, Tariffs, Groenland, Melania, Iran, Epstein, Tariffs, Obama, Biden… tout journaliste qui ose poser une question embarrassante se fait copieusement insulter par Trump lui-mème ou sa porte parole zélée, du haut de leur suffisance surjouée: « fake news… stupide… qui ne sourit jamais… », et pire, s’il s’agit d’une journaliste. Trump se montre humiliant, odieux. Ce sont elles, qui gardent leur calme, qui mériteraient un prix Nobel de la paix!
De ce vacarme médiatique outrancier, mon attention se porte vers ses silences. J’en déduis que c’est ce qu’il redoute le plus, puisqu’il est tonitruant sur tout le reste. L’affaire Epstein.
On connaissait le délinquant sexuel pédophile Epstein, on découvre aujourd’hui l’influenceur planétaire dont le carnet d’adresse était plus épais que les annuaires des pages jaunes et blanches réunies. On ne sait pas encore si le nom du commanditaire de son suicide en prison y est inscrit, ni celui du suicide de Jean Luc Brunel (ami entrepreneur dans le mannequinat), à la prison de la Santé à Paris, ou bien celui du suicide de son beau-frère, tombé du haut d’une falaise dans le lot. Des scènarios mortels, très « Russes ».
En 2024, Trump s’est fait ré-élire en promettant de déclassifier tous les documents concernant cette affaire. En 2025, une fois l’élection passée, il a tenté de faire trainer, jusqu’à l’oubli. Hélas pour lui, la pression s’est accrue, y compris en provenance de certains de ses proches, dont Elon Musk.
Il a donc changé de stratégie. Du silence absolu, il a déclenché une « tempête nucléaire ». 3,5 millions de documents ont été mis en ligne d’un coup. Beaucoup de caviardages, étonnamment peu de nouvelles révélations à son encontre, ou bien noyées dans la masse. Sans doute en espère t’il un effet de souffle, une diversion massive. Ça semble fonctionner pour l’instant, chaque pays se focalise sur sa propre honte, et leurs concitoyens dont on découvre des correspondances hasardeuses. Mais Trump sait que la contamination nucléaire n’a pas de frontière, et qu’une météorologie changeante peut retourner le vent rapidement dans sa direction.
Epstein organisait de «somptueux dîners» et des «conférences exclusives pour les riches, les intelligents et les puissants». Il lui est arrivé d’avoir à sa table plus de 60% de la richesse des Etats Unis. Cette éminence grise avait réussi à se rendre incontournable pour beaucoup de puissants, et bien d’autres, qui nourrissaient l’espoir de les approcher.
Les nombreux et très généreux services rendus, les fêtes offertes, ne pouvaient être sans retour. Et puis, une telle accumulation de mensonges, de perversions à l’échelle planétaire, est devenue insoutenable. Est venu le temps des accusations, de la prison, des « suicides », des secrets à tenter de dissimuler encore, enfin, des regrets dont la sincérité parait parfois bien naïve et dérisoire.
La longue liste des correspondants ne m’intéresse qu’à la marge. D’y voir figurer la princesse de Norvège, par exemple, démontre l’intérêt d’Epstein pour les familles royales, il y avait déjà le prince Andrew. Il me semble que quelques noms méritent une attention plus grande.
Comprendre que Steve Bannon et Epstein se sont rendus de nombreux services, Bannon, « l’ingénieur du chaos » de la première élection de Trump. Trouver la confirmation que Bannon a cherché à infiltrer tous les partis Européens d’extrême droite, y compris celui de Le Pen. Bannon propageait les « fake news » d’un état profond « pédophile » à abattre, alors qu’il faisant lui-même partie du cercle d’un pédophile avéré, pour quel intérêt?… Qui va oser creuser les relations d’Epstein, avec le pouvoir Russe et ses demandes insistantes à rencontrer Poutine, avec le Mossad? et pour le compte de qui? autant de questions, qui en creux, nous ramènent à deux questions essentielles, toujours sans réponses. Celle du suicide en prison, pour le moins suspect, et celle de l’amitié entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, qui semblait inaltérable.
Le parcours hallucinant d’Epstein évoque la perversion et le pouvoir incroyables que peuvent déployer les plus grands mythomanes. Il y faut un grand talent de séduction et une puissance intellectuelle phénoménale. Le faux docteur Romand nous avait sidéré, il y a quelques années. Il est d’un exemple bien plus modeste. Epstein s’inscrit d’avantage dans les pas des influenceurs politiques Florentins de la Renaissance Italienne, et dans ceux du Marquis de Sade, deux siècles plus tard. Il laissera la marque d’un des plus grand intrigant de notre siècle, approchant au plus près des cercles du pouvoir international.
Dans son essai intitulé « L’heure des prédateurs » Emporio Da Empoli raconte une grande fête de plusieurs jours organisée en 2024, par le nouveau roi Saoudien, Ben Salman. Il avait invité 300 riches princes dans l’hôtel le plus luxueux de Ryad, pour s’assurer de leur alégeance et de leur générosité pour les projets futuristes du royaume. Voilà une fête qu’Epstein aurait sans doute aimé organiser. Peut-être en était il l’inspirateur, par contumace.
Le 14 juin 2026, le mythomane narcissique Donald, va donner une fête pour ses 80ans. Il songe à en faire un jour férié, fort de la coincidence avec le jour du drapeau Américain. Je suis impatient de lire la liste des cartons d’nvitation. Combien de noms figurent déjà dans les « fichiers Epstein »?
VDS

Autres livres du même auteur, « Les ingénieurs du chaos », « Le mage du Kremlin ».
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