Suède | Le congé parental non genré fête ses 50 ans en 2024

Il y a 50 ans, le gouvernement Suédois décidait d’en finir une fois pour toute avec le congé maternité!… Le congé parental devenait la règle. Un congé rémunéré généreux (plus d’un an) que les parents choisissent de partager selon leur convenance.

Ce fut une véritable innovation en politique familiale, que personne ne remet en cause aujourd’hui. Si certains avantages ont été revu à la baisse pendant les années de rigueur économique, le système demeure incroyablement généreux, et seuls les autres pays Scandinaves ont adoptés des systèmes comparables, ou plus généreux encore financièrement, en Norvège.

Aujourd’hui, ce sont les pays du Sud de l’Europe qui sont tenté de s’inspirer du modèle Suédois. Espagne et Portugal en tête, ils ont commencé par rallonger le congés paternité. La France suit timidement (4 jours à la naissance, puis 21 jours calendaires).

En 1974, en Suède, seul 0,5% du budget alloué à l’allocation parentale finançait un congé parental pour les pères. En 2018 c’était 30% pour les pères, et 70% pour les mères. L’administration Suédoise prévoit que l’équilibre 50/50 sera atteint en 2035.

Actuellement, le congé parental est un droit accessible dès l’attribution d’un numéro personnel social (et taxe), qui ouvre les mêmes droits à tous les citoyens du pays. La seule condition requise, être parent.

Ce congé est au maximum de 480 jours. 90 jours doivent être pris par chaque parent, à prolonger de façon très flexible. Le congé peut être réparti entre les deux parents, et échelonné sur les premières années de l’enfant, au choix des parents. L’allocation parentale peut atteindre jusqu’à 80% du salaire (plafonnée à environ 3000€/ mois) pendant une année, ensuite il s’agît d’un forfait mensuel bien inférieur (500€). L’extension du congé parental peut en théorie être refusé par l’employeur, mais dans la pratique c’est peu fréquent, et doit être motivé pour justifier le refus.

Un très grand nombre de mes collègues, devenus parents, ont opté pour un congé de 6 mois chacun. Les prolongations sont moins fréquentes.

Dès sa naissance, l’enfant se voit aussi attribué un numéro social unique comme tout citoyen de son pays. Il ouvre automatiquement à une allocation mensuelle, jusqu’à son 16ième anniversaire. Cette allocation est actuellement de 120€/ mois. Elle est versée au parent chez qui l’enfant est domicilié, sans conditions de revenus. Très simple, chaque enfant est égal en droit, ce droit sera taxée en fonction du revenu du parent qui le reçoit.

Ces deux piliers de la politique familiale en Suède sont complétés par une grande flexibilité des entreprises pour laisser les parents s’adapter aux horaires des écoles et des enfants. Ça vaut aussi pour les cadres, pour qui le présentéisme à la Française est très mal perçu. Un cadre n’hésite pas à quitter une réunion pour aller à la sortie des écoles, récupérer son enfant. Personne n’y trouve à redire.

Une autre conséquence très positive du congé parental, est que l’ancienne discrimination à l’embauche qui pesait sur les futures mères, a perdu sa raison d’être. Pour un employeur, le risque de voir un père poser un congé parental devient presque aussi grand que pour une employée. C’est sans aucun doute, un atout supplémentaire pour favoriser la carrière des femmes.

Un tel système repose sur un financement publique par l’impôt, qui est très élevé pour les individus en Suède. Impôt sur le revenu, d’une part, et indirect d’autre part (TVA à 25%), en sont les sources principales de financement. Ceci dit, il est à noter que le ratio Dépense Publique/ Produit Intérieur Brut de la Suède était, en 2021, significativement inférieur à celui de la France (49,4% vs 52,5%). Le congé parental est d’abord, un choix de société.

VDS

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