Suède | L’autodafé en liberté

Un réfugié Irakien, athée, a décidé d’attirer l’attention des médias sur son combat contre l’Islamisme. Il a enflammé un Coran publiquement et à plusieurs reprises, notamment devant la plus grande mosquée de Suède à Stockholm.

Une première fois condamné pour ses actes, il a ensuite bénéficié d’un nouveau jugement en sa faveur, au nom de la liberté d’expression. Il a pu recommencer, avec la protection de la police cette fois.

De nombreux pays musulmans ont réagis, et condamné la Suède. Les plus extrêmes en sont déjà aux menaces directes. Erdogan a d’ores et déjà instrumentalisé ces actes dans sa négociation et son veto à l’admission de la Suède dans l’Otan. Le gouvernement Suédois a relevé le niveau d’alerte, et émis des recommandations pour les activités rassemblant du public.

Bruler des livres en public est un acte d’une très grande violence. Qu’il s’agisse d’un empereur Chinois souhaitant détruire la pensée Confucéenne, de l’inquisiteur Torquemada brulant livres et hommes hérétiques, ou bien d’Hitler et son autodafé de 1933 contre « l’esprit non Allemand », cette violence totalitaire n’est plus à démontrer. Dans les années 1950, l’auteur de Fahrenheit 451, en fit une dystopie reflétant de possibles dérives du Maccarthysme ambiant.

Bien entendu, les comparaisons ci-dessus ne sont pas raisonnables dans leurs proportions. Mais dans l’esprit, il m’est difficile de penser qu’un autodafé relève de la liberté d’expression, quelqu’en soit la cause. Ce débat s’est ouvert en Suède et au Danemark. Le Gouvernement Danois a déjà souhaité modifier ses lois pour condamner de tels actes, sous les protestations d’oppositions qui craignent une restriction des libertés.

En Suède, comme souvent, c’est l’indécision qui prédomine dans un premier temps. Le temps législatif est extrêmement long. Il suffit de se rappeler la crise du Covid, ou un an s’est écoulé avant un premier vote, permettant une première recommandation à porter un masque. Ce n’était pas qu’une question sanitaire, il s’agissait également des contraintes constitutionnelles et démocratiques qui ont nécessitées un long parcours législatif pour faire consensus. Il est probable que le débat sur l’autodafé se prolonge de la même façon, à moins qu’il tombe dans l’oubli, ce qui est peu probable.

Le réfugié Irakien a déclaré récemment vouloir se faire élire prochainement sous la bannière du parti des Démocrates Suédois, parti nationaliste de la coalition actuellement au pouvoir. Ce parti déclare ne pas approuver l’autodafé du Coran, et ne le condamne pas non plus. C’est bien toute l’ambigüité de cette histoire, une apparente défense de la liberté d’expression, au plus grand profit d’un parti liberticide. Une prise d’otage, en bonne et due forme, des atermoiements démocratiques.

VDS

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