Russie | Le 27 Février 2015, Boris Nemsov était assassiné près du Kremlin

Quelle autre dictature a connu la mort de l’opposant le plus médiatisé et populaire, avant chacun des deux plus récents simulacres d’élection présidentielle? (2018 et 2024). Deux opposants jeunes, charismatiques et souriants. Boris Nemsov était un vrai danger politique pour le Kremlin, en 2015. Alexeï Navalny ne l’était plus en 2024, déporté au delà du cercle polaire, depuis Janvier. C’est d’autant plus machiavélique et incompréhensible.

Alexeï Navalny avait guéri miraculeusement d’un empoisonnement en 2020, puis vécu une incarcération de plus en plus dure. De plus en plus isolé, déporté loin, très loin, dans la nuit et le froid mordant de l’hiver Sibérien Arctique. Alexeï Navalny est mort quelques jours seulement avant le processus d’auto désignation de son bourreau, à sa propre succession. Le nommer serait lui faire trop d’honneur.

La nouvelle de la mort d’Alexeï Navalny, hélas, n’aura surpris personne. Quelle infinie tristesse de constater qu’il ne verra pas les fruits de son combat acharné et juste, contre la corruption du clan au pouvoir. Quell infinie tristesse et respect en écoutant Yulia Navalnaïa prendre la parole à Munich, devant une large assemblée internationale de la conférence annuelle de la sécurité.

Faudra t’il la mort d’un troisième opposant dans 6 ans pour en finir avec la folie perverse d’un seul homme, et de son système? Je ne peux pas, ne veux pas imaginer un tel scénario. Malgré l’histoire douloureuse de ce pays qui confie le pouvoir à des mains criminelles et corrompues, depuis des siècles. La “Perestroika “ fut une éclaircie démocratique porteuse d’espoir, et elle parait maintenant si lointaine… J’appréhende aussi la lecture des prochaines nouvelles de Kara Murza, déjà empoisonné à deux reprises, puis condamné à une lourde peine. Comment pourra t’il s’extirper du cauchemar de sa prison, lui et tant d’autres?

La folie paranoïaque du Kremlin se répand jusque dans les salles de cinéma. L’histoire bégaie. Le film “Le Maitre et Marguerite” a fait renaître la polémique des années 1930. Staline avait interdit le livre subversif de Bulgakov, dont les copies circulaient sous le manteau dans tous les quartiers du centre ville et au delà, à en devenir culte. Ce livre ne sera publié officiellement qu’en 1973, et encore, expurgé par la censure Soviétique. L’auteur du film est maintenant critiqué par les autorités, pas encore interdit, le compte à rebours est enclenché. Attendront ils que la ré-élection du monstre soit passée, pour rallonger la liste des “agents de l’étranger” du nom du réalisateur, bannir le film, et ceux qui oseront encore le projeter?

Les pires criminels que la Russie ait connu, se sont enfermés dans le goulag du Kremlin, ils en sont devenus les geôliers, les bourreaux de toute la Russie. Il y eut Staline, et maintenant son fils naturel dégénéré. Que les combats, courageusement menés par les éclaireurs Alexeï Navalny, Boris Newsov, Serguey Magnitsky, Vladimir Kara Murza, et tant d’autres, ne restent pas vains.

VDS

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