« Bashar El Assad a été accueilli en Russie, sur la base de considérations humanitaires. » selon l’agence d’information Russe Tass.
Depuis quand cet homme, qui a fait utiliser les armes chimiques contre son propre peuple, est il redevenu un être humain? ou bien, est il tout simplement un inhumain de la même trempe que ceux de la clique du Kremlin, pétri du déshonneur d’un sauve qui peut.
La Russie a beaucoup investi en Syrie, qui a toujours été un lieu stratégique pour elle au Moyen Orient. Dès la fin du 19e siècle, des frontières de sable furent crées, lors des accords secret de Sikes-Picot (1917). Anglais et Français se partageaient la région, secrètement. Les Russes étaient furieux, déjà. Cette histoire est très bien documentée dans le livre « A line in the sand » de James Barr, un historien Anglais.
En 2015, il y a dix ans seulement, on découvrait la puissance de la milice de mercenaires Russes Wagner à la solde du Kremlin. Mobilisée massivement sur le front Syrien en soutien à l’armée de Bashar El Assad (voir le reportage de TV5, en bas de page). Prigojin, alors chef de Wagner, revendiqua des victoires importantes et reçut les honneurs de son maître sur le terrain, en compagnie de Bashar El Assad. Ils avaient non seulement sauvé le régime criminel Syrien contre les rebels, mais aussi infligé une humiliation majeure à l’ « Occident », peu de temps après l’annexion de la Crimée. A cette époque, notre président Hollande voulait intervenir en Syrie contre Assad, mais Obama, alors président US, ne l’avait pas soutenu.
Poutine enchaînait les succès, et rien ne semblait pouvoir ralentir son ascension. Pourtant, 9 ans plus tard, le chef du Kremlin fît abattre l’avion qui transportait Prigojin près de Moscou, ce dernier avait osé lui tenir tête sur le front Ukrainien et demander la tête du ministre des armées Russes (article d’Août 2023 en bas de page).
Les retournements de l’histoire peuvent se montrer rapides. Personne n’avait anticipé la fuite soudaine de Bashar El Assad, ni la chute de son régime. 3 bases maritimes importantes Russes contrôlent toujours militairement la région. La cohabitation avec le nouveau pouvoir s’annonce délicate.
Moscou a tendance a devenir un refuge naturel pour dictateur en dés-errance. Yanukovich l’Ukrainien renversé par deux fois (révolution orange, puis Maidan), fut le précédent. On pensait que Lukachenko, le Bielorusse, y serait contraint lui aussi. Mais, avec l’aide du Kremlin, il réussit à tenir son pays. Ce sont ses opposants qui ont du s’exiler en terres Baltes. Quel sera le prochain?
Les dictatures paraissent toujours inébranlables jusqu’à quelques jours du chaos qui les renverse. Rappelons nous l’effondrement de l’union Soviétique, qui hante encore les nuits de Poutine. Le fait est qu’elles finissent toutes par s’effondrer d’épuisement, un jour ou un autre. Pas une n’y à échappé, seule la date est imprévisible.
Le maître du Kremlin le sait mieux que tout autre, quitter le pouvoir d’une dictature est un exercice bien plus dangereux que de le conserver. Il se sait condamné au pouvoir à perpétuité!.. Il n’y aura pas de remise de peines.
De voir celui qu’il a soutenu au delà du raisonnable devoir fuir urgemment son pays, ne peut être confortable. Ça le renvoie à sa propre dictature, 25 ans déjà, une escalade impérialiste empreinte du 19ième siècle. Des morts par centaines de milliers, des prisons remplies de «Russophobes » et « agents de l’étranger », une économie en berne qui ne tient que par la grâce de l’or noir et gazier. Et encore, Gazprom perd de l’argent aujourd’hui. Le Rouble s’échange à 108 Roubles contre un Euro, c’était moins de 40 Roubles pour un Euro en 2008. Il peut nous raconter ce qu’il veut, les taux bancaires à plus de 20% nous en disent beaucoup plus long.
L’étau se resserre, et voir un tel ami s’enfuir… Combien de temps lui reste t’il encore?… Quelle sera son île d’Elbe, ou son goulag?
Il avait rêvé de restaurer l’Empire Russe Orthodoxe, de l’Europe jusqu’au Moyen Orient et l’Afrique. Sa guerre éclair pour prendre l’Ukraine n’en finit pas, maintenant c’est son socle au Moyen Orient qui se dérobe. Il a besoin des guerres, mais les guerres l’épuisent, et les Russes, tôt ou tard, lui demanderont de rendre compte.
Combien de temps ce régime indigne tiendra t’il encore? de quelques semaines, à quelques années, nul ne sait répondre. L’exil forcé et soudain de Bashar montre à quel point Poutine est fragile et devrait s’en inquiéter.
A t’il déjà pensé à organiser sa fuite? chez quel ami se réfugier, dans le cas ou un vent Sibérien ne se lève tel un typhon glacial. L’Europe ne serait pas une destination raisonnable, même si quelques pays lui accordent des sympathies. Ce serait beaucoup trop proche de La Haye et son tribunal international. Il y a bien l’Iran et la Chine, et quelques autres aficionados Sud Américains…
Non, la destination la plus sûre pour Poutine sera Pyongyang. Le train transsibérien blindé est déjà sur le quai.
VDS

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