« Poutine adresse ses condoléances à l’Iran pour l’«assassinat» de Khamenei. Le président russe a également qualifié la mort de Khamenei d’assassinat cynique, en violation de toutes les normes de la morale humaine et du droit international ». « Il est un des rares dirigeants à l’avoir fait, et le premier. »
Lu dans la presse, le 01 Mars 2026.
Quel aveu… Le mage du Kremlin semble désabusé. Il constate impuissant, être dépassé par un cynisme supérieur au sien. Il déplore un manquement aux normes morales et au droit international, bien plus brutal que tous ceux qu’il a commis, pourtant sans retenue, depuis plus de vingt ans. No comment.
Il faut dire que le coup est rude, son ancien ami Assad n’est plus qu’une ombre errante, quelque part dans Moscou. L’ami Maduro croupit dans une prison de New York, et Khamenei et ses sbires viennent d’être assassinés à Téhéran. Il ne peut plus compter que sur Kim, qui lui envoie encore des soldats pour un front de guerre immobile en Ukraine. C’est une véritable boucherie, dont il nous dit qu’elle est « moralement inconstestable ».
Amer, se poserait il la question de son propre sursis?
Il ne pouvait y avoir d’effet de surprise pour Poutine. Les Américains n’accumulent pas une telle armada dans le golfe Persique et le golfe d’Oman, pour un simple avertissement. N’avait il pas lui-même, rassemblé des forces Russes disproportionnées, le long de la frontière Ukrainienne, en fin de 2021 et début de 2022, pour le résultat que l’on sait.
A chacun de ces monstres, sa morale. Les méthodes militaires se ressemblent, et le temps ne s’arrête pas. Poutine sait maintenant qu’il ne peut plus compter sur Trump, auto promu chef du « Board of peace » (Conseil de la paix). Mais ça, c’était avant le 28 Février 2026.
L’invasion de l’Ukraine par l’armée Russe fut déclenchée dans la nuit du 24 Février 2022 à 5 heures du matin, il y a déjà plus de quatre ans, et elle est toujours dans l’impasse. Le processus de paix engagé, ne répond jamais assez à toutes les exigences des diplomates Russes. Chaque jour qui s’écoule voit tomber des dizaines de victimes, dans des conditions horribles. On parle de plusieurs centaines de milliers de morts, tous drapeaux confondus, depuis le début du conflit. Les drones ont remplacé les tranchées et les bayonettes de Verdun, mais le résultat est le même. Hautement meurtrier, déconcertant, inhumain et sans perspective.
Le pouvoir Russe s’obstine en vain, ses soldats ne savent plus pourquoi ils se battent, l’ont ils jamais su? En 2024, une jeune journaliste (Russe et Canadienne), Anastasia Trofimova, produisait un documentaire filmé pendant sept mois au plus près de la ligne de front, « Russians at war ». Elle racontait la vie quotidienne et le désarroi grandissant des troupes Russes face à l’absurdité de cette guerre. Les ennemis sont « leurs frères Ukrainiens, qu’ils ne détestent pas ». Ce sont ceux qui les ont envoyés sur le front qui les détestent, ceux-là ne mourront pas.
Le film fut applaudi, encensé à Venise en 2025, avant d’être contesté à Toronto, par des Ukrainiens en colère. Ils lui trouvaient des relents de propagande Russe, sans aucune empathie pour les Ukrainiens. Ils rappelaient que cette jeune journaliste avait longtemps travaillé pour « Russia Today », la chaîne d’information aux ordres du pouvoir Russe. Elle s’en défend, et dit de son film qu’il est un témoignage contre la guerre, contre l’opération spéciale déclenchée par le pouvoir. Elle se dit l’objet de poursuites pénales en Russie.
Quelle part de sincérité, de manipulation, tout le monde s’y noie. La guerre continue silencieusement à produire ses stigmates, au sein des deux communautés, divisées durablement au plus profond de leur ressentiment.
Déclencher une guerre est à la portée de tout aspirant dictateur, c’est bref (croit-on, surtout au début), spectaculaire, enivrant de toute puissance technologique. Le chaos brutal ne guérit pas, au contraire il s’installe, diffuse son poison pour des générations. L’Ukraine en témoigne, l’Irak, la Libye, la Palestine et Israel depuis longtemps, et maintenant l’Iran.
Les larmes de Poutine ne sont pas celles de son peuple, et ses condoléances ne vont pas au peuple Iranien, qui a tant souffert du régime cruel des Mollahs. Elles reflètent sa propre peur. Le tyran Khamenei était pour la Russie, un partenaire influent dans la région, et un fournisseur d’armes (drones contre l’Ukraine). Il constate aussi que le droit international est suspendu, qu’une force brute, autre que la sienne, s’impose à grand renfort de hautes technologies.
Poutine en vient à déplorer que le droit international soit inopérant. Il feint de ne pas se rappeler qu’il y fut condamné, et toujours sous un mandat d’arrêt pour crimes de guerre, déportation d’enfants.
C’est bien là tout le drame de cette nouvelle guerre, lancée avec fracas. Le monstre sanguinaire Khamenei n’est plus. C’est une bonne nouvelle, mais qui va écrire l’après?… Le droit international n’est plus, non plus. Cela nous plonge dans une dangereuse imprévisibilité. Elle est maintenant soumise aux élucubrations opportunistes brutales de quiconque se croyant le plus fort devant le reflet de son miroir.
La guerre en Ukraine se poursuit, vers un cinquième anniversaire. Une autre vient de naître au Moyen Orient, dont on peine à prédire, ni son ampleur, ni une issue proche.
Il était une fois, la naissance d’un tout nouveau « Conseil de la paix ». Il fut frappé par le « syndrome de la mort subite du nourrisson », de la main même de son créateur.
La paix devra encore attendre.
VDS

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