Le conseil constitutionnel a tranché, sans surprise… Les jeux du cirque politique peuvent continuer. La date de la prochaine crise de nerfs est encore incertaine. Ego contre ego, tout sera éminemment politique quoiqu’il advienne. Les média ne parleront que de ça, ils préfèrent les sondages pour ou contre aux articles de fond. Ils sont déjà passé à la prochaine présidentielle, puisque que c’est la seule élection qui compte. Les députés eux même leur donnent raison, ils ont saboté tout débat pour mieux se plaindre de leur mauvaise qualité.
Les partis politiques nous conduisent vers l’avenir les yeux rivés sur le rétroviseur. Camille Mélenchon harangue le peuple, et poste ses espions à Varennes en Argonne. Il rêve, en secret d’une échappée belle du méprisant Manu et de sa Brigitte, de nuit, affrétant le carrosse de Louis XVI. Pendant ce temps, Marine a glissé ses pieds au chaud, dans le feutre d’une paire de charentaises, espérant récupérer la retraite à 60ans chère à Tonton. De la valse à militants, Viennois extrêmes, à Frexiteuse… Elle nous la joue Gaulliène, Russophile et maintenant Mitterrandienne, quel beau parcours de faux cul!… On peut reconnaitre à Mélenchon, et son fantasme Bolivarien, d’avantage de constance. Entre ces deux là, c’est la panique, on ne sait plus comment arrêter l’hémorragie. Les avis se retournent aussi vite que les vestes. Un jour, intransigeant, pour la retraite à 65 ans, et le lendemain, voter contre 64 ans, devenu beaucoup trop dur… va comprendre!… De fait, personne n’y comprend rien et c’est l’émotion qui emporte tout.
Pourtant le scenario est connu depuis les années 1990. La démographie et l’économie ont déjà convaincu toute l’Europe de différer les départs en retraite. Pas de recette miracle, ni agréable. Une seule chose est certaine, ne rien faire n’est pas tenable dans le temps. 1990 – 2023 était un laps de temps généreux, pour sortir du déni, négocier, et s’entendre sur le chemin à prendre… Non, nous avons préféré les coups de menton et les crises de nerf chroniques, 1995, 2010, 2019 et 2023. On se termine au 49.3, puis conseil constitutionnel. Ironie, un de ceux qui y siège fût bien secoué en 1995…
Rappel du scénario, fondé sur des informations accessibles à tous, en ligne.
1/ L’évolution démographique de la France (source: gapminder.org)
2/ La pyramides des âges évolue rapidement (source: gapminder.org)
En 1982 (retraite à 60 ans), l’impact des deux guerres mondiales est encore très marqué, la France est jeune. En 2023, la dynamique s’est inversée. Le nombre des retraités augmente fortement avec l’arrivée de la vague des « boomers » (nés entre 1945 et 1970). Après 2023, non seulement le nombre de retraités va continuer d’augmenter considérablement, mais aussi le nombre de cotisants va baisser durablement. Ce sont des projections mathématiques basées sur les trajectoires actuelles (naissances, vieillissement et migrations).
3/ Le budget de la France lié à l’âge des Français (Retraite, santé et éducation) est déjà le plus élevé en Europe: 29,5% du PIB en 2019, soit 5,5% au dessus de la moyenne Européenne (source Eurostat, Ageing report 2021). Les retraites à elle seules comptent pour 14,8% du PIB, soit plus de 331 milliards d’Euros. Le budget de la santé et des aides à long terme comptent pour 10,3% du PIB, et l’éducation 4,4% seulement. Les budgets retraites et santé seront fortement impactés par le changement démographique en cours.
4/ Les Français ne sont pas traités équitablement en matière de retraite. 42 systèmes différents, et beaucoup doivent être aidés par la ressource du minimum vieillesse (568000 en 2019, 900€ pour une personne seule).
Les trois branches bénéficiant des meilleures retraites moyennes, sont aussi celles qui peuvent s’arrêter de travailler beaucoup plus tôt. Les retraites agricoles, sont en dessous du minimum vieillesse. Un parcours professionnel morcelé ou indépendant est très défavorisé.
L’espoir de refonder équitablement le système de retraite en France s’est évanoui en 2019, hélas. Trop de lignes rouges infranchissables, de postures des uns ou des autres, les grèves, la Covid. La réforme de 2023 n’est pas de même nature, elle se concentre sur la dimension budgétaire. Elle est vécue comme une punition. Nous aussi avons le regard noyé dans le rétroviseur.
VDS
Eurostat, Ageing report 2021: https://economy-finance.ec.europa.eu/system/files/2021-10/ip148_en.pdf







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