Nous nous posons tous la question de savoir pourquoi les Russes restent passifs ou même semblent approuver l’invasion de l’Ukraine par les forces russes. C’est pertinent, mais combien de temps nous a t’il fallu pour sortir du déni sur l’exercice du pouvoir de Vladimir Poutine ?… 20 ans me semble juste, sans être certain que ce point de vue fasse l’unanimité. Un rappel des faits.
Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir à la fin des années 90, comme conseiller de Eltsine, puis président par intérim et enfin élu président de la Fédération de Russie en 2000. Sous sa direction les réformes économiques engagées sous Gorbatchev et Eltsine ont continué et la Russie a connu une croissance sans précédent, pendant plus de 10 ans. Jamais les Russes n’avaient connu de telles améliorations dans leur vie de tous les jours.
Dans le même temps, il a mis fin sans mot dire à la « Perestroïka » (reconstruction), et la « Glasnost » (libre circulation de l’information) portés par Gorbachev. L’état de droit a connu une nouvelle régression graduelle et les médias mis sous tutelle. De nouveaux medias furent créés pour porter propagande et déstabilisation à l’international. Russia Today (RT) et Sputnik sont les plus connus. Facile à écrire 20 ans après, mais tous s’est passé insidieusement et nous avons fermé les yeux. Quant aux Russes, leur vie s’améliorait et ils savent que la politique peut être mortelle. Ils n’ont jamais connu la démocratie et ont appris à se tenir à l’écart.
Le début des années 2000 étaient aussi celles de la deuxième guerre en Théchénie. Poutine y a démontré une brutalité hors du commun, « j’irai butter les terroristes jusque dans les chiottes »…. et sa traque des opposants n’a cessé de s’intensifier depuis. La liste de ses brutalités et assassinats d’opposants est très longue, Je n’en citerai que deux qui démontrent que la guerre en Ukraine qui nous sidère aujourd’hui avait commencé il ya bien longtemps déjà, mais nous n’y avons pas cru.
En 2002, la brutalité éclate au grand jour lors d’une prise d’otage d’un théatre Moscovite ou l’assaut donné par le FSB aux ordres de Poutine fera un carnage.
Extrait d’un article de Wikipedia en Anglais: « 23-26 October 2002 in the Moscow Dubrovka theater complex undergone one of the most tragic terrorist attacks in recent history. 916 spectators and participants productions were taken hostages.All 40 of the insurgents were killed, and up to 130 hostages died during the siege by FSB forces, including 9 foreigners, due to the toxic substance pumped into the theatre.The identity of the gas was never disclosed, although it was believed by some to have been a fentanyl derivative. »
En 2004, le futur président de l’Ukraine (déjà) Viktor Iouchtchenko fut empoisonné. Il s’en est sorti miraculeusement, et a remporté l’élection. J’ai vécu cette élection depuis le centre de Moscou, la campagne de désinformation y était édifiante. Les murs de la ville, les médias étaient recouverts des portraits du candidat pro-russe Yanukovich alors que Iouchtchenko était censuré. On comprend aujourd’hui que Poutine ne lâche jamais rien.
Les opposants Russes n’ont d’autres choix que de quitter le pays s’ils ne veulent pas être assassinés (Polikovskaïa, Nemsov,…) ou terminer en prison (Navalny,…). De leur exil, la voix des dissidents nous rappelle que la belle et généreuse culture Russe est redevenue incompatible avec le pouvoir, comme au temps de Staline.
VDS
Mikhael Chichkine, Zurich. https://www.blick.ch/fr/news/monde/auteur-et-dissident-russe-vivant-a-zurich-mikha-l-chichkine-evoque-les-nombreux-points-communs-entre-la-russie-de-poutine-et-lallemagne-nazie-id18232447.html
Vlad Vexler, Londres. https://youtu.be/ySHk_DwFY5Y
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