Jeux Olympiques 2024 | Paris était une fête

Le scénario Olympique paraissait improbable tant le contexte international et national était tendu. Faut il rappeler les sabotages des trois lignes TGV le matin même de la cérémonie d’ouverture des jeux. La cérémonie d’ouverture elle même, était un défi à la sécurité. Une première en mondovision, elle se déroulait sur plus de six kilomètres fluviaux au coeur de la ville, et non dans une enceinte sportive. Un large espace aérien fut fermé au dessus et alentours de Paris, pour l’occasion.

Le ton était donné. Malgré la pluie battante, les longueurs du défilé sur le fleuve, et la controverse naissante provoquée par un tableau avec un “Schtroumf” Dionysiaque bedonnant. Paris venait de prétendre à une médaille d’or Olympique des villes organisatrices, que la suite ne démentira pas. Cette cérémonie faisait écho aux célébrations inventives des jeux d’hiver d’Albertville et du Bicentenaire de la révolution.

Les compétitions se succédaient sur les sites urbains les plus célèbres de Paris et de sa banlieue, donnant des images et des plans resplendissants, pendant quinze jours. Le public remplissait tous les stades, comme jmais auparavant, même devant un lancer de marteau, ou de javelot!.. 9,7 millions de tickets on été vendus, soit un million de plus que le précédant record d’Atlanta en 1996. Plus encore, la ville donnait l’impression de n’être plus qu’une fête.

Mes collègues Suédois et Européens me félicitaient pour ces jeux qu’ils ont trouvé innovants, spectaculaires et conviviaux. Je les en remerciais, et leur confirmais que je n’y étais pour rien.

Malgré quelques débuts de polémiques, la presse dans son ensemble se montrait aussi enthousiaste, y compris la presse étrangère. Certains avaient parié sur un inévitable désordre Français et des transports chaotiques, soumis aux conflits sociaux. Il n’en fût rien, un article de presse Espagnol se fendait d’un titre évocateur de leur surprise: “les Français se sont mis en vacances d’eux-même”.

De fait, la quinzaine Olympique, était un moment “suspendu”, apolitique. Bien sur, il faut rappeler que les JO de Paris succédaient à ceux de Tokyo. Reportés d’une année à cause de la pandémie Covid, ils se jouaient tristement dans des stades sans public, ou très limité. Tous les acteurs avaient à coeur de faire oublier une Olympiade triste, et de redonner du souffle au mouvement Olympique. Paris s’est mis en scène avec panache, offrant aux compétiteurs et au public nombreux, des sites inouïs.

Ce qui est certain aussi, c’est que les différents responsables ont réussi à mettre de côté leurs combats politiques. L’événement collectif séculaire dépassait très largement l’intérêt de l’un ou de l’autre, et aucun ne pouvait prendre le risque de porter un échec. Mairie de Paris, Région, gouvernement ne sont pas les meilleurs amis de France (euphémisme), ils ont pourtant travaillé ensemble. Une charte sociale a permis d’associer un ancien responsable syndical pour veiller aux conditions d’exécution des grands travaux. Le succès de ces jeux est un succès partagé par des acteurs, qui d’habitude, se dénigrent et s’empêchent plus ou moins systématiquement.

Il est très peu probable que ce moment de grâce se prolonge longtemps dans notre contexte de crise politique. Tout au mieux sera t’il encore présent pendant les jeux Paralympiques, rien n’est moins sûr. On aimerait pourtant que les responsables politiques et nous mêmes puissions transcrire ce succès dans de nouvelles pratiques collectives apaisées.

Combien de temps saurons nous nous préserver d’un retour aux invectives politiques et sociales qui nous paralysent si souvent? Pour le moins, nous savons maintenant que c’était possible, pendant trois semaines.

VDS

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