Economie | Un Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC) nommé « Tariff »

« Le trouble obsessionnel compulsif est un trouble psychique caractérisé par la répétition de pensées intrusives, des obsessions, produisant de l’inconfort, de l’inquiétude et de la peur… »

Nous sommes entrés dans une époque réactionnaire violente. Les idéologies qui guidaient le monde d’après guerre ont toutes échouées, une fois les années de croissance sans limites dépassées (post 1973). Nombre de démocraties, aux classes moyennes désorientées, ont aujourd’hui la faiblesse de s’en remettre à des prédateurs qui se vantent de connaître la formule pour transformer le plomb en or. Une seule condition est requise, prêter allégeance à ces nouveaux alchimistes, ou mieux encore, les courtiser.

Non des moindres, les États Unis d’Amérique. Leur nouveau leader, Donald Trump, est un très riche héritier d’un grand père migrant. Il est obsédé par l’or depuis toujours, comme le symbole ostentatoire de sa grandeur. Jusque dans la nouvelle décoration de son bureau ovale, ou son palais de Mar A Largo. Même sa parole est d’or, les pensées adverses sont toutes faites de plomb.

La période précédente a favorisé la libre circulation des hommes, des biens et des services, dans un progrès que l’on a cru perpétuel. Quoique l’on pense d’un résultat très mitigé, la mondialisation a permis de développer un cadre légal international sur le long terme, de s’entendre sur des avancées en commun, négociées. Elle a aussi permis de fixer des objectifs de lutte contre le réchauffement climatique qui menace.

Le nouveau leader des USA a décidé seul, que ces règles appartenaient au passé. Il s’est lancé dans un démantèlement brutal de la plupart d’entr’elles, dans une sorte de « racket » systématique à l’échelle planétaire. Amis ou ennemis sont frappés indifféremment.

Il se vante de tenir ses promesses de baisse d’impôts pour les citoyens Américains, qu’il prétend financer par ces « tariffs » (droits de douane) lancés tout azimut, et facturés hors du pays. C’est la fin de la libre circulation, décidée unilatéralement. Qu’il s’agisse des hommes ou des biens et services, il faudra payer cher pour entrer aux États Unis, ou bien partir. Ce chantage, sans cesse renouvelé, génére de la peur, de la colère ou de la soumission. Le nouveau « roi du deal » l’exploite à ses fins pour imposer ses conditions dans toutes les négociations à venir, économiques, politiques et même diplomatiques. Telle est la recette universelle de ce richissime alchimiste.

Dans un premier temps il semble avoir réussi à s’aliéner de nombreux partenaires, et vante déjà un retour de l’age d’or de l’Amérique. Mais sur un temps plus long, la confiance est remplacée par l’allégeance, avant que n’arrivent le refus et les trahisons. La première alerte ne fut elle pas donnée par Elon Musk, son allié le plus proche du début de mandat?

La recette économique des « tariffs » n’avait pas été appliquée avec une telle ampleur depuis le début du vingtième siècle, de très sinistre mémoire. Le choc économique est rude pour beaucoup, et il est encore trop tôt pour savoir comment l’économie mondialisée actuelle va réagir dans un climat devenu anxiogène. Il provoque des tensions protectionnistes et nationalistes partout dans le monde. Les États Unis semblent rejoindre la Russie et la Chine dans un système de gouvernance très autoritaire, et de confrontations.

Le narratif de Donald Trump est simple, voir simpliste. Il se vante d’être le meilleur en tout. Tout aurait été tellement mieux s’il ne s’était pas fait « voler » les élections de 2020. Toute critique est le fait d’une « chasse aux sorcières ». Les mauvaises choses sont toutes imputables à quelques bouc-émissaires récurrents (gauchistes, démocrates, woke, équipes précédentes, étrangers…). Il répète ces idées simples comme des slogans publicitaires, jusqu’à ce qu’elles soient reprises en choeur.

Il s’agit d’un programme politique à l’idéologie relativement sommaire, MAGA (Make America Great Again). MAGA est décliné à l’envie sous maintes couleurs de casquettes de golf, toujours bien en vue lors de ses prises de paroles. L’autoritarisme du vieux magnat aguerri de l’immobilier s’impose à tous.

Certains lui reconnaissent une grande spontanéité, mais son comportement compulsif est difficilement prévisible. Ses « tariffs » n’ont rien de négociés et n’offrent aucune garantie sur la durée. Il agît beaucoup au gré de ses obsessions, de plus en plus récurrentes. Droits de douane, prix Nobel de la paix et quelques autres. Comme pour le mur le long du Mexique qu’il convient maintenant de peindre en noir pour qu’il soit brulant au soleil!

Est il encore guidé par sa seule conscience, ou bien aussi sous l’emprise de pensées incontrôlées, intrusives et obsessionnelles?… Une de ses obsessions était justement l’état de santé de Joe Biden, qu’il disait déficient.

VDS

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