Disparition | N’oublions pas Milan Kundera

« La lutte de l’homme contre le pouvoir est la lutte de la mémoire contre l’oubli. »

Milan Kundera.

Milan Kundera nous a quitté le 11 Juillet 2023, il nous laisse en héritage «L’insoutenable légèreté de l’être », son roman le plus connu. Plus encore, son parcours nous rappelle l’importance de la mémoire contre l’oubli, imposé par un pouvoir corrompu et totalitaire.

En 1945, la Tchécoslovaquie fut libérée du fascisme Nazi par les communistes Soviétiques. C’est assez naturellement que le parti communiste devint la première force politique du pays. Porté par les espoirs d’une plus grande justice sociale, Milan Kundera se joindra activement au mouvement politique. « Moi aussi, je suis suis entré dans la ronde », écrira il plus tard.

Dés 1950, il fut écarté pour des activités jugées « anti-communistes ». Autorisé à reprendre ses études, il rejoindra le parti quelques années plus tard, en 1956, pour une longue période de 14 ans. Il en sera exclu définitivement en 1970.

Dès 1960, et avec d’autres auteurs et intellectuels Tchèques, il critiqua la rigidité du pouvoir de l’époque, et contribua å l’avènement du printemps de Prague. En 1968, l’espoir était permis. Le nouveau premier secrétaire du parti communiste Tchécoslovaque, Dubcek, faisait la promotion d’un « socialisme à visage humain ». De nombreuses réformes étaient promises, vers d’avantage de libertés économiques, et de liberté d’expression. Le grand frère Soviétique surveillait ce printemps, bien trop subversif à son goût. Brejnev décida d’y mettre un terme, brutalement. Les forces du pacte de Varsovie envahirent la Tchécoslovaquie en Août 1968, et la chape de plomb Soviétique fut restaurée en moins d’une année, et jusqu’en 1989.

Les livres de Kundera ne furent plus autorisés dans son pays, il s’exila en France en 1975, perdit la nationalité Tchèque en 1979. Mitterand lui permit alors d’acquérir la nationalité Française en 1981. D’autres auteurs, cinéastes, Tchèques quittèrent le pays après l’écrasement du printemps de Prague par les troupes du pacte de Varsovie.

Kundera pensait que l’homme, ne vivant qu’une seule fois, apprend difficilement de ses erreurs. Poussé dans l’oubli, il se satisfait de trivialités… Le pouvoir Russe actuel tente de nous en donner une nouvelle démonstration.

VDS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *