Russie | Poutine promet aux enfants Russes une tombe fleurie par la mère patrie, pour de nombreuses années

« L’opération militaire spéciale » visant à « dénazifier » l’Ukraine ne devait durer que quelques jours. Elle vient de dépasser, en durée, la « grande guerre patriotique » chère à Staline, de 1941 à 1945.

Les négociations de paix en cours, ne sont utilisées par le Kremlin que pour gagner du temps dans son combat d’usure contre les forces Ukrainiennes. L’armée Russe bombarde intensément les sites de productions énergétiques civils, pour priver les habitants des grandes villes, d’eau, d’électricité et de chauffage, au plus froid de l’hiver. Les températures sont descendues jusqu’à moins quinze, la semaine dernière. La lâcheté et l’inhumanité de l’armée Russe envers les populations civiles, leurs enfants, ne sont plus à démontrer.

En 2004 déjà, lors du conflit en Tchétchénie, une prise d’otage dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, s’était terminée dans un bain de sang. Suite à un assaut des forces spéciales Russes, 334 civils sont morts dont 186 enfants. La commission Européenne des droits de l’homme avait condamné la Russie presque 13 ans après. Elle lui reprochait de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour éviter le massacre. Pire, les forces Russes y ont vraisemblablement contribué, c’était dans une école.

En 2008, pendant le conflit en Ossétie du Sud, les enfants Géorgiens vivant à moscou, ont été victimes de stigmatisations dans leurs écoles.

En 2014, Poutine décidait d’annexer la Crimée et accentuait l’éducation « patriotique et militaire » dans toute les écoles de Russie. Un grand parc d’attraction était créé à Kubinka, 55 km à l’Ouest de Moscou, a destination des familles, et des écoles. Ce parc patriotique de loisirs a ouvert officiellement le 16 Juin 2015, on y apprend la guérilla, la guerre. Il est devenu en peu de temps, une destination de vacances populaire. Le parc « Patriote » encourage l’éducation à « l’esprit civique », et à développer un sentiment « d’amour et de respect pour la mère patrie ». Lire les commentaires laissés par les « touristes » sur le site Tripadvisor est édifiant (lien en bas de page).

En puis le 24 Février 2022, l’ordre est donné à l’armée Russe d’envahir toute l’Ukraine, pour la « protéger d’elle même ». Au delà des brutalités extrêmes et des crimes de guerre commis, le transfert de milliers d’enfants vers la Russie qui s’intensifie. Les Ukrainiens parlent de 16000, les Russes en reconnaissent 2000 cas, tous des enfants orphelins, selon eux. En 2023, Vladimir Poutine et sa commissaire aux droits de l’enfant, Maria Vlova-Belova sont accusés par la Cour Pénale Internationale (CPI), d’être responsable de ces expulsions forcées (déportations). Un mandat d’arrêt international est émis à leur encontre.

L’obsession de Poutine, pour lutter contre le déclin démographique de la Russie, est telle, qu’il a multiplié les incitations financières aux familles nombreuses. Cela ne suffit pas, la déportation d’enfants Ukrainiens va plus vite. Le paradoxe est qu’il envoie ces enfants devenus jeunes soldats mourir par milliers sur le front de son « opération spéciale ». Un contresens furieusement nihiliste. Non seulement il réprime férocement toute velléité critique envers son pouvoir, mais aussi il impose une propagande mortifaire auprès des plus jeunes, dès l’école. C’est tout le système éducatif Russe qui est maintenant sommé de se transformer en une « machine patriotique à laver les jeunes cerveaux » de la future Russie.

Poutine se fiche des êtres humains, dès leur plus jeune âge. On ne peut plus en être surpris. il a seulement besoin de jeunes soldats prêts à se sacrifier pour son hubris… Le tyran a besoin de chair fraîche pour ses canons.

Pavel Talankin est un jeune vidéaste qui travaillait comme coordinateur pédagogique, dans une école de Karabach, une petite ville post industrielle polluée de l’Oural. Son activité consistait a filmé les enfants et leurs professeurs au quotidien. Il aimait son travail, mais a refusé de trahir sa conscience, de devenir un complice du criminel de guerre Poutine.

Dans un premier temps, il avait remis sa démission, puis s’est ravisé. Il a décidé de témoigner, de devenir un « agent de l’étranger » secrètement, avant de s’exiler. Depuis 2025, il vit à Prague. Il était à Paris en Janvier pour faire la promotion de son documentaire/ témoignage de la vie dans une école Russe après le 24 Février 2022. « Mister nobody contre Poutine » est accessible en ligne sur Arte, en version Française, ou sur Dailymotion en version Anglaise (liens en bas de page).

Pavel Talankin est un héros anonyme, et un traitre pour les serviteurs de l’état… Sa vie a basculé à jamais. Pour avoir refusé de devenir le complice de la propagande de Poutine, ce « monsieur personne » a choisi de devenir l’otage de son documentaire. Son avenir est imprévisible, on n’ose pas en imaginer les risques.

Ce témoignage, profondément humain, redonne de l’espoir. L’âme Russe résiste encore aux criminels qui l’ont instrumentalisé dans une tyrannie d’un autre âge.

Combien sont ils, comme Pavel Talankin, à oser défier le pouvoir en silence? Les Russes ne se mèlent pas de politique, ils en connaissent trop le danger, depuis des siècles. Poutine a réussi à reconstituer le pouvoir totalitaire qui s’était effondré en 1991. Mais il voit ses meilleurs alliés et amis tomber les uns après les autres, Bashar El Assad, Maduro, Khamenei, l’étau se resserre… il est de plus en plus seul devant le risque, impossible à mesurer mais bien réel, d’une désobéissance pandémique.

« Pacha (Pavel Talankin) est devenu l’une des rares fenêtres ouvertes sur la glubinkacontemporaine, cette Russie profonde qui se trouve loin des grandes villes, en particulier de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Ce n’est ni un militant écologiste, ni un membre de l’opposition politique engagée, ni un résistant. C’est un Russe de 33 ans qui a décidé de faire quelque chose qui a bouleversé sa vie. Sans savoir encore si ce sera pour le meilleur ». Extrait d’un article de presse de la journaliste tchèque Petra Prochazkov, sur Denis K, repris par Courrier International.

VDS

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