Ukraine | « L’art du deal à plat ventre »

Dans un discours mémorable au sénat, le 5 Mars 2025, le sénateur Claude Malhuret déclarait, en ciblant Donald Trump: «Le roi du deal est en train de montrer ce qu’est l’art du deal à plat ventre » …« Jamais dans l’histoire un président des États-Unis n’a capitulé devant l’ennemi. Jamais aucun n’a soutenu un agresseur contre un allié. Jamais aucun n’a piétiné la Constitution américaine, pris autant de décrets illégaux… »

Quelle prophétie!…

En l’espace de quelques jours de Novembre, c’est Donald Trump lui même, qui en a apporté les évidences. Il est à plat ventre.

À plat ventre devant Poutine, depuis la Maison Blanche. Il avait déjà déroulé le tapis rouge en Alaska. Après moult atermoiements, il a repris sans vergogne un plan de paix en Ukraine, selon les termes dictés par le Kremlin. Même ses alliés Républicains sont sous le choc. Quelle est donc sa dette envers le criminel de guerre Poutine? Élection de 2016? ou bien un « kompromat Russe» à l’occasion d’un « deal immobilier »? Les rumeurs enflent …

A plat ventre devant Ben Salmane, le prédateur Saoudien, commanditaire d’un crime. Jamal Khashoggi était journaliste, il est mort assassiné le 2 octobre 2018 au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul (Turquie). C’est pardonné, Ben Salman est réhabilité officiellement depuis quelques jours, sous les dorures du bureau ovale à Washington. Il est vrai que le richissime héritier Saoudien fait de très bonnes affaires avec tous les héritiers de la famille Trump.  Entre héritiers, faut pas gâcher… 

A plat ventre devant Xi, après avoir promulgué des « tariffs exorbitants » contre les produits en provenance de Chine. La Chine lui a tenu tête. On ne sait plus quel pays est gagnant dans cette guerre des « tariffs » aussi déroutante qu’absurde.

A plat ventre devant les consommateurs Américains, il est contraint de signer plusieurs décrets qui abrogent quelques uns de ses propres décrets. Il découvre que de nombreux produits alimentaires ne peuvent l’être sur le territoire des Etats Unis. Leur prix s’était envolé dès l’application de ”tariffs”. Les consommateurs sont des électeurs plus nombreux que d’autres.

A plat ventre devant les électeurs, à qui il avait promis de déclassifier tous les documents de l’affaire Epstein. Cet ancien ami milliardaire, retrouvé suicidé en prison, oui mais par qui? Une promesse de transparence qu’il a d’abord tenté de faire oublier, avant de la relancer sous la pression. Il faut dire que cet amitié de longue date est bien plus qu’embarrassante, une patate brûlante pour la présidence.

À plat ventre enfin, devant son miroir, quand il décide d’en terminer beaucoup plus tôt que prévu avec la mission spéciale de réduction des coûts du gouvernement fédéral (DOGE). Elle fut pourtant lancée en fanfare, par son ami Elon Musk et sa tronçonneuse. De nombreuses actions en justice plus tard, on comprend bien le désordre, mais pour quel résultat?

Les menteurs, pour rester crédibles, ont généralement besoin de mobiliser beaucoup de leur mémoire, pour dissimuler leurs mensonges dans le temps long. Pour Donald Trump, ce n’est pas nécéssaire, c’est un pur opportuniste, impulsif. Il fait, et défait plus vite encore. Il annonce tout et son contraire, à un rythme effréné. Il noie ses interlocuteurs dans un flot ininterrompu de bobards, si bien que plus personne n’est surpris, quelles que soient ses affirmations péremptoires. Lui seul sait ou il va, et impose ses ”deals” à la faveur de la confusion. Mais le sait il vraiment? face à un Poutine, bien plus patient, qui le manipule…

Ces deux là ont des intérêts communs, que les derniers échanges diplomatiques révèlent. Une transcription des échanges téléphoniques entre Steve Witkoff, émissaire de Trump, et son homologue Russe, a fuité dans la presse Américaine. Sans aucun démenti. Il y est question d’obtenir des Russes qu’ils félicitent le président Américain pour ses efforts pour la paix. En échange, la promotion d’un plan très favorable au Kremlin.

Steve Witkoff “se comporte comme s’il était payé par les Russes”. Tels sont les mots d’un député Républicain, rapportés par Bloomberg. “Cet épisode est un pur fiasco, une tache sur notre pays. Il devrait être viré.”

Les « deals à plat ventre » sont de très court terme, ils donnent l’illusion d’un gain immédiat, électoral, économique, ou d’une caution aux ideologues nationalistes. Poutine, dans un discours au Kirghisztan (ancienne République de l’Empire Soviétique), adoube déjà le « plan  Américain ». Il demande aux Ukrainiens violemment agressés chez eux, de se retirer des territoires occupés… par leurs violents agresseurs, Russes. Quel beau plan de paix!…

Le plus sinistre des « deals à plat ventre » de l’histoire, était Européen. Il fut signé à Munich, en 1938. Il autorisait le plus fort à annexer des territoires.

VDS

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