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International | Les « faiseurs de paix » célèbrent Pâques, à leur façon

Pâques est la fête la plus importante de la communauté Chrétienne, il s’agît de célébrer la résurrection du Christ. Le symbole suprême de l’espoir de paix et d’amour du prochain, s’il en est.

Cette année, JD Vance le jeune vice président Américain, a fait un voyage à Rome avec toute sa famille. Il a obtenu une courte entrevue avec le souverain pontife, au cours de laquelle il l’a assuré de ses prières quotidiennes pour qu’il se rétablisse, et lui a fait part de sa demande à Dieu de bénir le pape… espérant secrètement que lui même soit béni en retour.

A l’heure ou j’écrivais ces lignes, je ne savais pas encore que les prières quotidiennes de JD Vance étaient déjà devenues vaines, dès le lendemain de sa visite Pascale.

Le pape François avait critiqué sévèrement les mesures Américaines prises contre l’immigration, et les plus pauvres. Peut-être que Vance, converti au catholicisme en 2019, avait ressenti une urgence à se faire pardonner. La précipitation à rencontrer le pape, alors qu’il le savait très éprouvé, le laisse supposer. Montrer au monde une caution miséricordieuse et pacifique de la nouvelle Amérique, pourtant si agressive depuis trois mois.

Un autre « faiseur de paix », lui aussi critiqué pour sa guerre très meurtrière en Ukraine, a ordonné un soudain cessez le feu. Le temps des célébrations de Pâques, et d’une illusoire annonce de négociation. Quelques jours de prières pour laver sa conscience, puis continuer d’envoyer ses troupes à l’abattoir du front de guerre. A moins qu’il ne prolonge son cessez le feu de quelques heures, en hommage à François… Il a salué, je cite « un défenseur de l’humanisme et de la justice ». C’est le profil de ceux qu’il fait assassiner ou emprisonner chez lui, en Russie. Parmi les dernières en date, une avocate de Navalny, condamnée à cinq ans de prison, comme tant d’autres.

Au Moyen Orient aussi, on ne manquera pas de rendre hommage à ce pape humaniste et humble. Ni les dirigeants du Hamas, ni Netanyahu, n’avaient pourtant entendu ses critiques. En soutien au peuple de Gaza, il implorait l’arrêt des massacres réciproques. Critiques déjà oubliées et pardonnées, sans doute. Trouveront ils des mots plus forts que ceux des autres autocrates qui dirigent ce monde? Nous allons devoir régurgiter toutes ces hypocrisies pour un temps, et enfouir notre révolte.

D’autres chefs d’état se pressent déjà, c’est à qui décrètera la plus longue période de deuil national. Le président Argentin a pris les devants, sept jours. Peu importe que ses actions soient à l’opposé de ce que représentait le pape François, c’est de la fierté de l’argentine dont il s’agît, de son propre rayonnement. Il n’y aura pas d’autre pape argentin avant longtemps!… Les Argentins sont conscients que Javier Milei ne va pas se départir de sa tronçonneuse antisociale pour autant.

Nous vivons des temps troublés, d’une grande confusion assortie d’une grande violence. Partout l’autoritarisme reprend le pas sur l’humanisme. Les pouvoirs politiques se revendiquent plus que jamais d’une morale religieuse intègre, malgré leurs actes souvent en totale contradiction. La mort du pape François, bien plus humble que d’autres, vient clore les célébrations de Pâques 2025 sur un point d’orgue, très symbolique.

Pâques 2025, plus encore que les précédentes, nous rappelle l’ambiguïté de cette fête, la relation toxique entre le pouvoir politique et celui des églises, la dualité de l’espoir pacifique et des violences destructrices en cours qui l’annihilent.

Cette fête, aux origines païennes, en est imprégnée depuis des siècles. Elle célébrait initialement la renaissance de la nature au Printemps. Plus tard, une dimension sacrificielle cruelle viendra s’y superposer. Selon la Bible, les Israelites d’Egypte avaient reçu l’ordre de sacrifier un agneau sain et d’en badigeonner le sang sur les montants de leurs portes. Les représentants du tout puissant, qui viendraient tuer les premiers nés égyptiens lors de la « dixième plaie », passèrent devant ces portes sans s’y arrêter. Cet évènement Biblique sera à l’origine de la Pâques Juive.

Selon les évangiles, la passion du Christ s’est déroulée durant ces célébrations. Le Christianisme a investi la Pâques juive. Le Christ est alors devenu « l’agneau immolé », celui qui sauvera l’humanité de ses péchés. Sacrifice et resurrection, pour une ultime rédemption.

2000 ans et plus qu’on se répète. Malgré des progrès matériels et technologiques fulgurants, l’impression persistante que la pensée humaine s’est minéralisée.

VDS

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