Chaque année, l’Université des Arts de Londres offre à ses étudiants la possibilité d’exposer dans une galerie du centre de la ville. Cette année, une étudiante chinoise y exposait un tableau, «red echoes», composé de feuilles rouges avec en son centre les dates 1959-1961.
Les feuilles d’un rouge plus ou moins intense y répétent deux idéogrammes chinois visibles seulement de très près.
L’impression est forte, et l’explication plus encore. C’est un hommage rendu à son grand père qui survécut à l’une des plus grandes famines qu’ait connu l’humanité. Le pigment jaune pale utilisé au centre est extrait des tiges de patates douces, les mêmes qui ont assuré la survie du grand père. Les idéogrammes sur fond rouge signifient endurer et souffrance.
Entre 23 et 55 millions de Chinois sont morts pendant cette période. Le pouvoir de l’époque parlait du «grand bond en avant» et avait emprunté aux Soviétiques des théories agricoles qui ont provoqué le désastre. Des millions de Chinois mourraient de faim à coté des entrepôts de denrées alimentaires destinées à d’autres.
Le rouge du tableau donne un écho émouvant à la survie du grand père, et je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il faisait aussi écho à «l’Holodomor» de 1933. La famine provoquée par la collectivisation de Staline dans plusieurs Républiques Soviétiques, dont l’Ukraine.
VDS
« Red echoes » 2023, Manyu Mu. Acrylic on paper, self made potato stem pigmemt.



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