Pavel Kushnir était un pianiste classique talentueux, agé de 39 ans. Il était détenu dans un centre de détention provisoire à Birobidzhan, dans l’extrême Est de la Russie, près de la frontière Chinoise, et de Vladivostock. Il avait entamé une grève de la faim. Ses soutiens ne le savaient pas et n’ont pu lui écrire ou lui envoyer un avocat… il est mort silencieusement, loin de tout.
il était accusé par les autorités Russes “d’appel au terrorisme”. Inutile de préciser que les peines encourues pour une telle accusation sont très lourdes. Son arrestation remonte à Mai 2024, mais n’avait pas été annoncée officiellement. Ce pianiste avait critiqué ouvertement et courageusement le pouvoir Russe et l’invasion en Ukraine. Il avait osé publier des vidéos sur Youtube, et commettre des critiques du Kremlin, à visage découvert. « Le fascisme est la mort de notre patrie. Poutine est un fasciste », disait il.
Il est mort le 28 Juillet, les autorités viennent seulement de l’annoncer à sa mère, en l’assurant qu’ils avaient tout tenté pour éviter cette issue tragique. Elle est sans doute priée de les en remercier. Quoiqu’il en soit, le rapatriement de sa dépouille vers sa ville natale n’est pas prévu, et c’est l’organisation des amis de Navalny (aussi mort en prison) qui essaie de rassembler les fonds nécessaires. Ainsi va la mort en Russie, pour ceux qui aiment la liberté à haute voix.
Sa mort est survenue quelques jours seulement avant que les dissidents les plus connus, dont Vladimir Kara Murza, ne soient expulsés du pays vers Ankara. Ils étaient échangés contre des espions Russes, agents dormants et autres tueurs du Kremlin, emprisonnés à l’Ouest. Ceux là avaient toute l’attention des diplomates du Kremlin, et des médias internationaux. L’annonce de la mort du pianiste était retardée, et communiquée discrètement quelques jours plus tard.
Les dissidents les plus connus ont servis de monnaies d’échange au Kremlin, comme au plus belles heures Soviétiques de la guerre froide. Ils sont bien moins gênants, hors des frontières. On sait aussi la capacité du Kremlin à les menacer, même à distance. Ceux, moins connus, pourtant très nombreux, restent emprisonnés puis condamnés à de lourdes peines. Combien sont ils, comme Pavel Kushnir, à subir la repression implacable des criminels au pouvoir? des centaines, des milliers peut-être, anonymes ayant simplement refusé de se taire.
Les maîtres du Kremlin reproduisent inlassablement les seules recettes qu’ils ont apprises. Ils ont pensé prendre le contrôle de l’Ukraine rapidement, et pensent de la même façon pouvoir prendre le contrôle de tous les esprits critiques. Chaque mort en prison en est un désaveu, ils devront, tôt ou tard, payer le prix de leurs crimes.
VDS
https://www.bbc.com/afrique/articles/ckg1yl0jzm6o
Article de BBC News le 24 Aout 2024
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