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Patrimoine | Une nouvelle restauration tragique, 5 ans et un jour après

Le 15 Avril 2019, nous étions sous le choc des images de la flèche de Notre Dame de Paris s’effondrant avec fracas dans le crépitement des flammes. Le 16 Avril 2024, c’est la flèche de l’ancienne bourse de Copenhague, les quatre dragons entrelacés surmontés des trois couronnes Scandinaves, qui s’effondrait dans des circonstances étonnement semblables.

Ce bâtiment était un des joyaux architecturaux de Copenhague, le début de sa construction datait de 1619 et dura jusqu’en 1640. Cette ancienne bourse de Copenhague abritait de nombreuses collections artistiques, et documents anciens. Ironie du sort, elle a traversé les siècles et échappé aux grands incendies de Copenhague, à la guerre. Ce sont les travaux de sa restauration, à l’approche de son quatrième centenaire, qui lui ont été fatal. Deux jours après l’incendie, c’est toute la façade principale, longeant les quais, qui s’est effondrée, ajoutant à la tragédie.

Le matin de l’incendie, je travaillais avec une architecte Danoise, c’est elle qui m’apprenait la nouvelle, au bord des larmes. Comme une évidence, elle a parlé de Notre Dame de Copenhague. Le bâtiment n’était pas religieux, certes, mais la charge émotionnelle était aussi grande. Il constituait une partie de l’âme de cette ville, de sa mémoire. Le fait est que cette flèche très originale avait frappé mon esprit lors de ma première visite de Copenhague, il y a longtemps déjà. Quatre dragons surveillant les quatre points cardinaux, et dont les queues entrelacées, s’élevaient très haut dans le ciel. Le tout était surmonté des trois couronnes, représentant l’unité des trois pays scandinaves (Danemark, Suède, Norvège), alors sous domination Danoise. Le style renaissance Hollandaise, lui donnait ce caractère unique, irrémédiablement associé à l’image de Copenhague. Les bâtiments de Copenhague sont bas, cette flèche était très visible à distance. Les dragons veillaient sur l’horizon, marin et terrestre.

Signe du destin, il y a trois semaines, je me trouvais dans le centre de Paris, rue de Rivoli. La vue de la flèche, nouvellement reconstruite de Notre Dame, me donnait le sourire. Je n’imagine pas que les Danois ne trouvent pas les ressources pour reproduire cette force de volonté.

En attendant, et dans un cas comme dans l’autre, il sera difficile de savoir avec certitude ce qui à causé ces incendies. Une évidence cependant, des travaux de restauration étaient en cours dans les deux cas, et les bois très anciens ou vermoulus sont propices à des feux dormants plusieurs heures avant d’être visibles. Les outils électriques portatifs actuels facilitent énormément le travail, mais ils sont aussi porteur de nouveaux dangers. Il devient plus facile de tronçonner de vieux tirefonds corrodés, plutôt que de les extraire mécaniquement. Les étincelles peuvent générer des conséquences disproportionnées. Les procédures de sécurité incendie ont montré leurs limites actuelles et devront être adaptées pour éviter qu’une nouvelle restauration ne vire au désastre dans le futur.

La gestion des risques est le plus grand risque sur tous les chantiers. Plus encore sur les chantiers de cette nature, les matériaux très anciens sont confrontés à des outils surpuissants qu’il ne reconnaissent pas.

VDS

https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%B8rsen

Lien vers Wikipédia, la bourse de Copenhague

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