En Suède comme en France, l’heure est aux voitures électriques. Il est indéniable que l’absence de gaz d’échappement et de bruit, est un atout pour améliorer la qualité de l’air des villes. Leur empreinte carbone dépend cependant de la source de l’électricité, et la fabrication des batteries pose questions.
Les voitures électriques actuelles sont encore trop souvent des engins surpuissants capables de transporter, à très grande vitesse, de très lourdes batteries!… Les distances parcourues entre deux recharges trop lentes, sont relativement courtes. Dans le meilleur des scénarios, elles ne règlent en rien les embouteillages quotidiens sur les routes et autoroutes, déjà bien surchargées.
Les transports en commun offrent une alternative bien plus favorable à notre environnement. Ils dépendent de lourds investissements des collectivités, et ne peuvent en aucun cas offrir la même flexibilité qu’un mode de transport individuel. Les réseaux de bus et de trains ne couvrent en général que les endroits à forte densité de population, et le plus souvent, aux heures de forte affluence. Tout le monde ne vit pas près de son lieu de travail, ni près d’une gare ferroviaire ou routière.
Dans ce contexte, un autre mode de transport individuel a retrouvé grâce au sein des villes, le vélo. L’assistance électrique s’est aussi développée, et permet de s’affranchir des pentes les plus raides, sans grands efforts. Dans les pays Nordiques, les réseaux cyclables, hors du traffic routier, ont été créés. La ville de Copenhague, au Danemark, investit dans la création d’un véritable réseau cyclable « autoroutier » reliant le centre ville à ses banlieues. La transformation est impressionnante, et l’usage du vélo devient dominant sur celui de la voiture. Les vélos cargos y deviennent un mode transport, pour les familles, les livraisons, ou les interventions de services divers. Les grandes et moyennes entreprises proposent, de plus en plus, un garage à vélo à leurs employés, protégé par un code d’accès ou surveillé. En effet, l’assistance électrique à entrainé une hausse de la valeur des vélos, et le risque de vol est très grand, notamment pour les vélos cargos.
Bien sur, l’intérêt pour toutes ces solutions de mobilté réside dans une diminution des émissions de CO2, et cela suffît à en motiver les investissements. Pour autant, l’aspect économique individuel est aussi très concret, en fonction des situations personnelles.
Un exemple. Je vivais et travaillais à Helsingborg, dans le Sud de la Suède, je pouvais me rendre au travail à vélo. Un jour, une décision fut prise de construire de nouveaux bureaux à Malmö, à 76km de chez moi. Les options étaient simples, 1/ déménager, 2/ trajet en voiture (autoroute surchargée), 3/ transport en commun, bus + train+ bus (le plus long en temps, près de 2h). Dans un premier temps, j’ai opté pour l’autoroute, y consacrant un budget conséquent. Après une année, je décidais de laisser la voiture sur mon parking, et de combiner un trajet en vélo pliant de 6 km aller et train. Je gagnais ainsi sur le temps de trajet (près de 30 min), et en flexibilité (plus besoin d’attendre un bus surchargé). Le vélo pliant ne prend pas plus de place qu’un baggage dans le train, il permet son accès, y compris aux heures de pointes.
Sans entrer dans les détails, après 4 années complètes (hors Covid), les bilans, économique et écologique, sont très positifs. J’ai comparé d’un coté; tous les coûts: achat et maintenance du vélo + abonnement de train; et de l’autre: les coûts d’usage de ma voiture sur le trajet équivalent (uniquement essence et entretien). Le solde positif est supérieur à 5000€, net!… Ma voiture fut « retirée du traffic » pour 73000km, pendant cette durée. Ça équivaut à 8,5t de CO2, selon les données du constructeur. Je n’ai pas calculé la dépréciation épargnée à ma voiture sur un tel kilométrage, mais c’est évident qu’elle est importante, et devrait être rajouter aux 5000€, en retour sur mon investissement initial… Je n’avais pas imaginé un tel bilan économique, ni écologique.
Dans mon cas, le vélo pliant à assistance électrique s’est avéré un mode de transport très intéressant. Il permet de combiner facilement avec tout autre mode de transport (train, bus, et voiture). Il prend peu de place pour son rangement. J’en apprécie aussi l’exercice physique quotidien.
C’est une solution de mobilité sous estimée en milieu urbain et péri-urbain. Bien sûr, il faut accepter les aléas climatiques, mais c’est bien moins difficile que redouté. Il suffit de s’équiper de vêtements étanches. Les villes Hollandaises et Copenhague ne sont pas des paradis tropicaux, et pourtant leurs habitants s’y déplacent à vélo quotidiennement, et massivement.
VDS

Ce pont de Copenhague relie la gare centrale à un quartier d’affaires, et de commerces. 24000 vélos l’empruntent chaque jour. 2 des 4 voies auto ont tout simplement été dédiées aux vélos.

En Hollande, les gares sont très souvent aménagées pour accueillir des milliers de vélos, chaque jour. Les villes Scandinaves commencent à considérer cette solution également.

Laisser un commentaire