La révolution industrielle était celle du charbon et de l’acier.
Alexandre Gustave Bonickausen dit Eiffel, est né à Dijon, dans une famille aux ancêtres immigrés d’Allemagne. Devenu ingénieur et entrepreneur, il choisira de simplifier son nom, afin de faciliter ses relations commerciales. Ses réalisations, d’une audace inouïe, dépassent largement toutes les normes de construction de l’époque. L’ingénierie du métal vient alors donner corps à une nouvelle architecture, et certain gestes se transforment en une signature artistique, une fusion parfaite de la forme au service de la fonction.
Parmi les nombreuses réalisations d’Eiffel dans de nombreux pays, deux ponts sont révélateurs de cette conception novatrice. Deux traits tirés avec légèreté au dessus de vallées encaissées: le pont « Maria Pia » à Porto surplombant le Douro, et sa réplique encore plus impressionnante dans le Cantal, le pont de Garabit, 120m au dessus de La Truyère ». Malgré l’impression de légèreté qu’ils dégagent, ces deux ponts ont permis le passage de lourds trains de marchandises pendant plus d’un siècle, et sont encore en état de servir. Un défi sans précédent aux forces de la pesanteur!
Le pont de Garabit aura pourtant nécessité 3200 tonnes d’acier. Les pièces d’acier furent acheminées par voie ferrées, puis par attelages de chevaux ou de boeufs, depuis la gare la plus proche du site de construction (32 km).
Le tablier est long de plus de 500m. Il repose sur un arc plein cintre dont les deux piles sont éloignées de 165m. La construction du pont était tout aussi révolutionnaire. Imaginez la sans échafaudage, en partant des piles posées sur le sol, et depuis les deux rives. En assemblant les pièces de ce mécano géant, tout en porte à faux. Comme à l’époque romane, les deux cotés de l’arc en construction s’élevaient dans les airs, puis se rejoignaient en une clé de voute qui assurait à l’ouvrage toute sa solidité. Ensuite, il fallait encore pousser le tablier sur l’arc ainsi constitué.
C’était entre 1880 et 1884, quelques années seulement avant la construction de cette tour sans objet, qui deviendra l’icône de Paris.
VDS

Documents de la Bibliotèque Nationale de France

Pont Maria Pia sur le Douro à Porto (Portugal)
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